Fils de l’eau – Byeong-mo Gu

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   Titre  : Fils de l’eau 
   Auteur : Byeong-mo Gu
   Titre original : Agami
   Traducteur : Yeong-hee Lim et Mélanie Basnel  (Coréen)
   Éditeur : Picquier poche
   Date de publication : 2013
   Nombre de pages :  192
   Date de première publication :  2011 (Version originale) / 2013 (Version française)
 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Pour échapper à la noyade, un enfant développe des branchies qui vont lui permettre de respirer, de survivre dans le monde des hommes et de nager dans la solitude de l’eau et le bonheur d’être libre au milieu des poissons.
Cet épisode sera pour lui comme une seconde naissance car il ne se souvient de rien de ce qui s’est passé avant.
Recueilli par un vieil homme et son petit-fils, il mène avec eux une vie fruste et innocente au bord du lac où ils vivent, forcé de cacher sa singularité aux yeux des autres.
Profondément ancré dans la réalité de la Corée d’aujourd’hui, ce roman distille un charme secret.
Imprégné de l’odeur de l’eau et des algues, de la violence de la pluie, il conte l’histoire d’un être à part, dont la différence est à la fois un malheur et une grâce, avant de devenir le moyen de sauver les autres.

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Funérailles célestes – Xinran

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   Titre  Funérailles célestes
   Auteur : Xinran
   Titre original : Sky Burial 
   Traducteur : Maïa Bhâratî  (Anglais – Royaume Unis)
   Éditeur : Picquier poche
   Date de publication : 2012
   Nombre de pages :  224
   Date de première publication :  2004 (Version originale) / 2005 (Version française)

Quatrième de couverture :

Funérailles célestes est une vraie histoire d’amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d’une femme et d’une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.
En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l’espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s’enrôle dans l’armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l’a préparée – le silence, l’altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d’errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari.
Quand Wen retourne finalement en Chine, elle trouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

Le restaurant de l’amour retrouvé – Ito Ogawa

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    Titre  : Le restaurant de l’amour retrouvé
    Auteur : Ito Ogawa 
    Titre original : Shokudô katatsumuri
    Traducteur : Myriam Dartois-Ako  (Japonais)
    Éditeur : Editions Philippe Picquier
    Date de publication : 2013
    Date de la première publication : Version originale 2008 / Version française 2013
    Nombre de pages :  254

 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

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Deux brûle-parfums – Eileen Chang

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    Titre  : Deux brûle-parfums
    Auteur : Eileen Chang
    Titre original : 沉香屑-第一炉香 et 沉香屑-第二炉香
    Traducteur : Emmanuelle Péchenart (Chinois)
    Éditeur : Editions Zulma
    Date de publication : 2015
    Date de la première publication : Version originale 1943 / Version française 2015
    Nombre de pages :  198

 
 
 

Quatrième de couverture :

A travers deux courts romans qui explorent, comme en miroir, les moeurs anglaises et chinoises de l’époque coloniale, Eileen Chang nous offre une analyse subtile des ressorts amoureux – dans une société décadente où séduction et sensualité, pudeur et obscénité répondent à des convenances d’une exquise hypocrisie.

Premier brûle-parfum. La jeune Wei-lung sollicite la protection d’une tante, riche mondaine sur le déclin, laquelle voit en elle la promesse d’une nouvelle stratégie…

Second brûle-parfum. Roger Empton, professeur à South China University, épouse une jeune fille idéale qui par grand mystère ignore tout du désir…

Délicatesse infinie et cruauté feutrée des sentiments, malentendus, emportements secrets, suavité évanescente des passions et de leurs ruses… Ici, l’enchantement romanesque a la force d’une promesse entre deux amants. Et c’est le coeur battant que nous entrons dans l’univers de ces Deux brûle-parfums.

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Ohan – Chiyo Uno

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    Titre  : Ohan
    Auteur : Chiyo Uno
    Titre original : おはん
    Traducteur : Dominique Palmé et Kyôko Satô (Japonais)
    Éditeur : Editions Philippe Picquier
    Date de publication : 2014
    Date de la première publication : Version originale 1957 / Version française 2014
    Nombre de pages :  96

 
 
 

Quatrième de couverture :

Uno Chiyo mena dans le Tôkyô des années vingt la vie d’une môga – ces « modern girls » éprises de liberté et de plaisirs –, fréquentant artistes et écrivains de renom qui allaient bientôt saluer sa personnalité et son style littéraire inimitables.
Ohan, qu’elle mit plus de dix ans à écrire, est considéré comme son chef-d’œuvre. C’est la confession d’un bon à rien, d’un homme qui a le diable au corps, prisonnier de ses attachements, hors d’état de choisir entre son amour pour sa femme et sa passion pour une geisha. Un homme au cœur indéchiffrable, qui s’abandonne à ses désirs comme si sa vie n’avait pas plus de consistance qu’un rêve. Et un récit dénué de toute morale, rythmé par les saisons et les signes prémonitoires de la tragédie à venir, où le temps parfois s’arrête pour capturer la beauté d’une femme émergeant de la bruine, la tête et les épaules inondées de pétales de fleurs de cerisier – des femmes douces et volontaires qui, l’espace d’un instant, adoptent la grâce éblouie d’une estampe du monde flottant.

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Le convoi de l’eau – Akira Yoshimura

Le convoi de l'eau

   

    Titre  : Le convoi de l’eau
    Auteur : Akira Yoshimura
    Titre original : 水の葬列
    Traducteur : Yutaka Makino (Japonais)
    Éditeur : Actes Sud
    Date de publication : 2009
    Date de la première publication : Version originale 1967 / Version française 2009
    Nombre de pages :  176

 
 

Quatrième de couverture :

Un homme étrange s’engage au sein d’une équipe chargée de construire un barrage en hatue montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d’une vallée mal connue, se révèlent les contours d’un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte: le village sera englouti sous les eaux.
Au cours de ce terrible changier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l’exil. A la veille du départ aui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau.

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Hôtel Iris – Yôko Ogawa

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    Titre  : Hôtel Iris
    Auteur : Yôko Ogawa
    Titre original : Hoteru Airisu
    Traducteur : Rose-Marie Makino-Fayolle
    Éditeur : Actes Sud
    Date de publication : 2000
    Date de la première publication : Version originale 1996 / Version française 2000
    Nombre de pages :  254

 
 
 

Quatrième de couverture :

Mari est réceptionniste dans un hôtel appartenant à sa mère. Un soir, le calme des lieux est troublé par des éclats de voix : une femme sort de sa chambre en insultant le vieillard élégant et distingué qui l’accompagne, l’accusant des pires déviances. Fascinée par le personnage, Mari le retrouve quelques jours plus tard, le suit et lui offre bientôt son innocente et dangereuse beauté.
Cette étonnante histoire d’amour, de désir et de mort entraîne le lecteur dans les tréfonds du malaise dont Yôko Ogawa est sans conteste l’une des adeptes les plus douées.

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Les Pommes Miracle – Tsutomu Fujikawa

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    Titre  : Les Pommes Miracle
    Auteur : Tsutomu Fujikawa
    Titre original : Kiseki no Ringo
    Traducteur : Tetsuya Yano
    Éditeur : Editions Akata
    Date de publication : 2014
    Date de la première publication : Version originale 2013 / Version française 2014
    Nombre de pages :  173

 
 

Quatrième de couverture :

Bien qu’il ait grandi dans une ferme, Akinori Kimura ne se prédestinait pas à devenir agriculteur. Mais suite à son mariage, il finira par reprendre l’exploitation de son beau-père. Filant alors de beaux jours à la campagne, son quotidien va pourtant être bouleversé quand il découvre, avec horreur, que son épouse est allergique aux pesticides qu’il utilise pour la culture de ses pommiers. D’abord par amour, puis par conviction, Akinori Kimura va se transformer en paysan visionnaire et changer totalement sa façon de concevoir son métier et son rapport à la nature. Pendant plus de dix ans, contre vents et marées et le scepticisme des autres producteurs, Akinori Kimura va entreprendre des recherches et des expérimentations pour pouvoir enfin cultiver des pommes… sans pesticide, d’une manière saine et naturelle !

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La beauté du diable – Radhika Jha

La beauté du diable

   

    Titre  : La beauté du diable
    Auteur : Radhika Jha
    Titre original : My beautiful shadow
    Traducteur : Françoise Nagel (Anglais)
    Éditeur : Editions Philippe Picquier
    Date de publication : 2014
    Date de la première publication : Version originale (2014) / Version française (2014)
    Nombre de pages  273

 
 
 

Quatrième de couverture :

La beauté du diable, ou comment le désir vient aux femmes. Le désir d’être belle, de se croire une reine, le désir d’allumer les regards de convoitise et d’envie sur son passage.
« J’ai un secret. J’appartiens à un club. Vous pourriez l’appeler le club des passionnées de beauté. Mais ce n’est pas de la beauté des autres que nous sommes éprises. Nous sommes les véritables esthètes, nous portons notre beauté sur nous. Et même si nos maisons sont vieilles et délabrées, si les murs empestent l’usure et la décrépitude, quand nous sortons après notre toilette matinale, nous sommes jeunes, fraîches et superbes. »
Kayo aurait pu mener une existence fade et rassurante de mère au foyer à Tokyo. Jusqu’à ce que germe en elle une graine qui va définitivement changer sa vie. Cette histoire aurait tout aussi bien pu se dérouler à Paris, Londres ou Delhi; dans n’importe laquelle de ces capitales où prévaut le culte de l’apparence et du luxe, où la pétillante ivresse du shopping peut se transformer en drogue, et le paradis en enfer. Car le club des passionnées de beauté compte des affiliées dans le monde entier. Chaque femme pourra y retrouver une part d’elle-même. Et les hommes, découvrir un continent qui leur est inconnu.

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Baguettes chinoises – Xinran

Baguettes chinoises
   Titre  : Baguettes chinoises 
   Auteur : Xinran
   Titre original : Kuaizi guniang
   Traducteur : Prune Cornet  
   Éditeur : Picquier poche
   Date de publication : 2011
   Nombre de pages :  352
   Date de première publication :  2007 (Version originale) / 2008 (Version française)
 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Trois sœurs décident de quitter leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans une grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n’ont guère fait d’études, mais il y a une chose qu’elles ont apprise : leur mère est une ratée qui n’a pas su enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu’un numéro comme prénom. Les femmes, leur répète leur père sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont des poutres solides qui soutiennent le toit d’une maison.
A Nankin, leurs yeux s’ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté des mœurs et la sophistication des habitants… Elles vont faire preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l’argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C’est du cœur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir leur place au soleil.

Le Meilleur des jours – Yassaman Montazami

Le Meilleur des jours
   Titre  : Le meilleur des jours
    Auteur et illustrateur : Yassaman Montazami
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Sabine Wespieser Editeur
    Date de publication 2012
    Nombre de pages :  138

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. « Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas », affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait œuvrer à l’abolition du salariat et être salarié – c’était incompatible. » Y. M.

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait.

Ce que j’en pense :

Dans Le meilleur des jours, Yassaman Montazan nous présente quel homme extraordinaire a été son père. Il porte le prénom de Behrouz, le meilleur des jours en persans, à travers ce récit nous assimilons la justesse de ce choix car Behrouz n’a vécu que le meilleur des jours.

Behrouz nait en Iran de façon prématurée après l’échec d’un avortement artisanal et raté. Tout laisse à pense qu’il mourra très jeune mais l’immense amour de sa mère va lui permettre de grandir dans cette famille bourgeoise dans laquelle il est choyé. Il étudie à Paris, à l’université de la Sorbonne, où il prépare une thèse sans compter le nombre des années. C’est également en France qu’il fondera sa famille avec de quelques allers-retours dans son Iran natal.

C’est un joli hommage que l’auteur fait à son père hors du commun surtout très différent de tout ce que j’ai pu jusqu’à présent lire sur l’Iran et les iraniens. Il est idéaliste, intellectuel, dévoué et fan inconditionnel de Karl Marx. De ce point de vue, le livre est très intéressant, un autre Iran nous est montré. Behrouz est un homme libre avec une mentalité des plus ouverte et j’ai été très heureuse de rencontrer un tel homme et de telles idées dans ce pays connu pour être un des plus liberticide.

Un récit mêlant tendresse et violence. Tendresse car on ressent un réel amour filial presque une vénération entre l’auteur et son père. Elle s’est construite à travers lui et lui la considère en égale et lui permet de grandir comme bon lui semble. Violence car on assiste dans ce texte à la montée du régime islamique et à la fuite des protestataires. Et c’est de ce point de vue que j’ai été dérangée par l’angle pris par l’auteur. C’est une histoire vraie donc on ne peut rien reprocher aux faits mais le regard d’exilé de Berhouz sur cet horrible épisode est certes intéressant mais reflète mal tout ce qui s’est passé pendant cette période.

C’est la première fois que je lis un livre des éditions Sabine Wespieser, j’ai trouvé ce livre, par son format, par la légèreté et la douceur du papier, par la police de caractère particulièrement agréable à lire.

 

Lu  dans le cadre des challenges :
# La plume au féminin – Chez Opaline
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La propriété – Rutu Modan

La propriété
   Titre  La propriété
    Auteur et illustrateur : Rutu Modan
    Titre original : ?
    Traducteur : Rosie Pinhas-Delpuech
    Éditeur : Actes Sud BD
    Date de publication 2013
    Nombre de pages :  232

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

“Avec la famille, vous n’êtes pas obligé de dire l’entière vérité et ce n’est pas considéré comme un mensonge. »

Après la Mort de son fils, Régina Segal emmène sa petite fille, Mica, à Varsovie où elles espèrent récupérer une propriété familiale spoliée pendant la seconde guerre mondiale. Une histoire de famille, de secrets, et d’amour.

Ce que j’en pense :

Depuis toujours, je suis réfractaire à la bande dessinée, pensant que l’on ne peut pas traiter en profondeur un sujet dans ce genre littéraire et reprochant aux images de brimer mon imagination. Cependant, depuis l’an dernier je me suis ouverte à la BD en commençant par les BD jeunesse. J’y ai pris un certain plaisir, je continue donc mon chemin dans la découverte du neuvième art.

Regina Segal a perdu son fils, il y a quelques mois d’un cancer. Nous la découvrons alors qu’elle entreprend un voyage vers sa Pologne natale accompagnée de sa petite fille Mica. Le but de ce voyage longtemps reporté est de récupérer une propriété (un appartement) qu’elle a héritée, appartement spolié à sa famille juive par les allemands pendant la seconde guerre mondiale. Que vient-elle chercher en Pologne après tant d’années ? La mort récente de son fils est-elle un déclencheur de cette démarche si longtemps négligée ?

Rutu Modan nous livre ici un sujet passionnant sur lequel beaucoup de choses ont été écrites et sur lequel il reste tant de choses à écrire. En sept jours, nous allons découvrir derrière la douleur et l’atrocité de l’Histoire (la traite des juifs dans le ghetto de Varsovie), une histoire humaine, une histoire intime, un secret de famille.

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Au premier abord, les dessins sont simples certains amateurs du genre comparent le trait de Rutu Modan à celui d’Hergé. Mais on découvre au fil des pages une multitude de détails  et un panel très riche d’émotions sur les traits de ses personnages. Cette richesse dans le dessin m’a fait ressentir autant, sinon plus, d’émotions que le texte lui-même.

Un petit point négatif, tout de même, j’ai n’ai pas aimé les personnages secondaires de Tomasz et Avram qui sont très présents sans que je comprenne ce qu’ils apportent à l’histoire.

Vous l’avez compris, j’ai passé un excellent moment en lisant cette BD.

Avez-vous d’autres BD classiques ou moins classiques à me conseiller ?

 

Lu  dans le cadre des challenges :
# La plume au féminin – Chez Opaline
# Un genre par mois – Chez Iluze
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Pour quelques milliards et une roupie – Vikas Swarup

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    Titre  Pour quelques milliards et une roupie
    Auteur : Vikas Swarup
    Titre original : The accidental apprentice
    Traducteur : Roxane Azimi (Anglais)
    Éditeur : Belfond
    Date de publication : 2014
    Nombre de pages  403

 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Vendeuse d’électroménager pour entretenir sa famille, harcelée chaque jour par sa sœur, starlette en devenir, son propriétaire pressé et son patron incompétent, Sapna Sinha voit s’éloigner toujours un peu plus ses rêves d’avenir. Mais voilà qu’un jour, le plus grand patron d’Inde lui offre sa fortune et son entreprise, à condition qu’elle passe sept mystérieuses épreuves. S’agit-il d’un jeu cruel ou se pourrait-il que ses prières soient enfin exaucées ? Embarquée malgré elle dans d’incroyables aventures auprès de stars désespérées, de jeunes fiancées suicidaires et d’enfants exploités, Sapna devra prouver sa vaillance, son empathie et son honnêteté afin de construire un avenir meilleur pour elle et sa famille.

Ce que j’en pense :                      

Dans Pour quelques milliards et une roupie, nous suivons Sapna, un jeune indienne qui a abandonné ses études après le décès accidentel de son père pour subvenir aux besoins de sa mère malade et de sa jaune sœur qui rêve de gloire. Sapna rêve d’être écrivain et se voit réduite à vendre de l’électroménager. Sa vie change lorsqu’à la sortie du temple, elle est abordée par un vieux monsieur qui lui fait une proposition déroutante. Il l’a choisi comme successeur au poste de PDG dans l’une des plus performantes sociétés indiennes. Pour y accéder, Sapna devra subir 7 épreuves.

Vikas Swarup nous livre ici un récit enjoué sur l’Inde moderne qu’il nous présente avec toutes ses contradictions. Les 7 épreuves subies par l’héroïne sont pour l’auteur l’occasion de nous démontre la vraie nature de son pays. Un pays ou la modernité du 21ième siècle côtoie les affres de son passé telles que la corruption, l’héritage des castes, le travail des enfants, le mariage forcé…

J’ai été conquise par l’écriture simple et fluide et le ton libre et gai de l’auteur. Je me suis très vite attachée à Sapna et à ses compagnons d’aventures. Tout est un peu facile mais la quatrième de couverture nous promet un conte de fées moderne alors les chapitres s’enchainent très vite dans l’espoir d’une fin heureuse. Vikas Swarup nous réserve un final inattendu qui ajoute une dose de plaisir supplémentaire à la lecture.

Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour cette première rencontre avec Vikas Swarup qui ne sera sans doute pas la dernière.

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Livre lu dans le cadre des challenges :

A la découverte de l’Inde – Chez Darkness Turns Me On
# Le challenge haut en couleur – Chez addiction littéraire
# A vos nombres – Chez Piplo

A vos nombres

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Le maitre a de plus en plus d’humour – Mo Yan

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    Titre  Le maitre a de plus en plus d’humour
    Auteur : Mo Yan
    Titre original : 师傅越来越幽默 (Shifu, ni yue lai yue youmo)
    Traducteur : Noël Dutrait
    Éditeur : Seuil
    Date de publication : 2005
    Nombre de pages  108

 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Lorsque Lao Ding, à l’âge de soixante ans, est licencié de l’usine Étoile rouge pour cause de faillite, c’est un monde qui s’effondre. Mais une nouvelle Chine est en train de naître, fondée sur l’initiative privée, où se déploient tout ensemble l’ingéniosité du petit peuple, la corruption des cadres, la solidarité des générations et le chacun-pour-soi… Maître Ding retrouve l’enthousiasme et la vigueur grâce à une idée géniale, bien audacieuse, et à l’infaillible soutien de son fidèle apprenti devenu conducteur de tricycle. Il ne sait pas qu’au début de l’hiver, une nuit de terreur l’attend…

Mo Yan exerce une fois de plus son regard décapant sur la société chinoise contemporaine. Ce court roman déborde de tendresse et d’humour.

Ce que j’en pense :

Le maitre est Lao Ding, un ouvrier exemplaire qui travaille depuis 43 ans dans la même usine de fabrication de matériel agricole. Le livre débute alors que l’usine fait faillite et licencie l’ensemble du personnel. Comme un malheur n’arrive jamais seul, le même jour, le maitre se blesse la jambe. Toutes les économies d’une vie partent alors en frais médicaux. Lao Dong se voit donc obliger à soixante ans de trouver un nouveau travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme. Alors que ses anciens collègues, plus jeunes, trouvent rapidement un nouveau métier comme artisan ou vendeur sur le marché, lui erre désespérément dans les rues à la recherche d’une activité qui pourrait convenir à son âge avancé. C’est près de son ancienne usine qu’un bus désaffecté lui procurera une idée saugrenue qui lui permettra de gagner de l’argent mais mettra sa conscience à rue épreuve.

 

Dans Le maitre a de plus en plus d’humour, Mo Yan nous livre un texte épuré à la fois tendre, naïf et riche.

Un texte naïf car le personnage central tenu par le maitre à une vision un peu simpliste de l’existence. Ces réflexions candides lui vaudront à plusieurs reprises de la part de son apprenti la réflexion qui donne le titre de cet ouvrage « Vous avez de plus en plus d’humour ».

Un texte tendre car le personnage du maitre par son innocence procure au lecteur une envie de le protéger et de le mener à bon terme et c’est avec beaucoup d’affection que l’auteur raconte ses péripéties.

Un texte riche car en 100 pages, Mo Yan nous en apprend beaucoup sur la Chine contemporaine, un pays qui après une longue période de communisme est rattrapé par le libéralisme. Un pays qui ne s’occupe pas de ses vieux (on peut largement comprendre des personnes plus fragiles) et qui laisse un place précaire aux femmes.

 

La fin du roman est bien mystérieuse…

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge :

# ABC 2014 – Chez Nanet

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En censurant un roman d’amour Iranien- Shahriar Mandanipour

9782021005912

   

    Titre  En censurant un roman d’amour Iranien
    Auteur : Shahriar Mandanipour
    Titre original : Censoring an Iranian Love Story
    Traducteur : Sara Khalili (Farsi) /Georges-Michel Sarotte                (Anglais)
    Éditeur : Seuil
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages  404

 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Téhéran, de nos jours. Comment un garçon et une fille peuvent-ils se rencontrer et vivre une histoire d’amour alors que la République islamique a instauré une rigoureuse séparation des sexes ? Comment publier un roman d’amour, alors que l’impitoyable censeur pourchasse la moindre allusion érotique ? Sara et Dara s’aiment par messages codés inscrits dans des livres empruntés à la bibliothèque, par téléphone ou par ordinateur interposé et au cours de promenades dans les rues en jouant à cache-cache avec les oppresseurs.

Avec un humour irrésistible, seule arme efficace face à la censure, et un recours immodéré à l’autodérision, Shahriar Mandanipour rédige sous nos yeux un poignant roman d’amour à la fois réaliste et fantastique, placé sous l’égide des grands poètes persans, des écrivains et des cinéastes occidentaux.

Loufoque et bouleversant, jubilatoire et tragique, En censurant un roman d’amour iranien réconcilie de façon magistrale Le Procès de Kafka, La Ferme des animaux d’Orwell, et les contes des Mille et Une Nuits.

Ce que j’en pense :

Shahriar Mandanipour se propose de nous conter un roman d’amour entre une jeune fille et un jeune homme, tous deux iraniens. Le thème semble n’avoir rien de sensationnel ou même d’original mais nous sommes dans l’Iran postrévolutionnaire. Un pays dans lequel les jeunes filles sont isolées, isolées derrière leur voile, isolées de tout contact avec les jeunes hommes. On apprend dans ce livre que les femmes et les hommes ne marchent pas sur les mêmes trottoirs et que la patrouille de la campagne contre la corruption sociale vérifie  partout et tout le temps le respect des bonnes mœurs islamiques iraniennes. La tache est d’autant plus compliquée que le ministère de la culture et de l’orientation islamique vérifie que chaque parution littéraire, musicale, cinématographique  respecte les préceptes de l’Iran.

Dans En censurant un roman d’amour iranien, on suit la rédaction de ce roman d’amour. Le texte écrit par l’auteur est écrit en gras, de nombreux mots sont barrés suite à l’autocensure que l’auteur exerce sur son propre texte. Chaque retrait est explicité au lecteur sous la forme d’un jeu de question réponse qui se crée entre le lecteur et l’auteur. J’ai trouvé ce style narratif passionnant et les explications de Shahriar Mandanipour sont très enrichissantes. Il nous dévoile une multitude d’éléments sur les mœurs de l’Iran et il décortique sa littérature et la richesse de sa culture et de son histoire.  Il démontre que chaque récit, plus encore s’il est soumis à la censure, doit être lu à deux niveaux. Ce récit est fait avec beaucoup d’humour, de l’autodérision et une seconde histoire d’amour ressort de ce récit, celle de l’autour pour son pays adoré.

Je me suis très vite attachée aux deux amoureux, Dara et Sara. Le chemin vers leur amour semble tellement difficile. Ils sont à la fois cultivés, gentils, respectueux mais aussi un peu  rebelles.

Certains passages sont un peu longs mais on oublie cela très vite car l’envie de connaître ce pays grandit au fur et à mesure que les pages se tournent.  De plus, certaines références à la littérature demandent une culture approfondie des classiques littéraires.

J’ai lu ce livre dans le cadre des challenges :

# A vos nombres– Chez Piplo
# ABC 2014 – Chez Nanet

A vos nombresbanni_reABC2014_al_atoire

L’équilibre du monde – Rohinton Mistry

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    Titre  L’équilibre du monde
    Auteur : Rohinton Mistry
    Titre original : A fine balance
    Traducteur : Françoise Adelstain (Anglais)
    Éditeur : Le livre de poche
    Date de publication : 2001
    Nombre de pages  882

 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Voici le grand roman de l’Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré – traversé par le souffle d’un Hugo ou d’un Dickens. L’histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980. Dans le même quartier vivent des personnages venus d’horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs – des «intouchables» – ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d’autres encore… À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l’odyssée d’une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement.

Ce que j’en pense :                          images-12Ce roman est un coup de coeur. images-12

C’est un magnifique voyage en Inde que nous offre Rohinton Mistry.

Nous suivons les itinéraires croisés de quatre personnages. Dina est une jeune et jolie veuve indépendante. Par sa naissance dans une famille parsie, elle était vouée un avenir confortable. Elle se retrouve cependant dans un petit appartement en quête d’argent. C’est pourquoi, elle propose d’accueillir un hôte payant à qui elle offrira sa chambre et deux tailleurs qui travailleront chez elle et pour elle. Son hôte payant est  Maneck, un étudiant en réfrigération, il est le fils d’une de ses amies d’enfance. Maneck est également parsi, il  descend de sa montagne mais c’est un garçon ouvert. Les deux tailleurs sont Ishvar et Omprakash dit Om, ils sont oncle et neveu et sont issus de la caste des chamaars (caste parmi les plus basses). Ishvar est un homme raisonnable et travailleur, il est responsable de son neveu Om. Om est un jeune révolté. La réunion de ces quatre personnes d’univers et surtout d’origine différents est loin d’être évidente dans ce pays complexe, c’est pourtant cet équilibre délicat que nous propose ce roman.

Rohinton Mistry trace la vie de chacun de ses protagonistes allant parfois jusqu’aux deux générations précédentes ce qui nous permet de connaître parfaitement chacun d’eux et donc de mieux comprendre ce qui les guident. Il faut dire que la vie n’est pas toujours simple pour eux.  Les personnages sont ainsi bien construits, solides et même s’il est difficile pour nous « petits occidentaux » de s’identifier à eux, une affection certaine s’établit avec chacun des personnages. Ce n’est pas un récit que nous offre Rohinton Mistry mais une véritable incursion dans cette Inde des années 1970/80 en nous faisant découvrir la politique, l’histoire, la justice, l’alimentation et les paysages qui règnent dans ce pays.

Le lecture de ce roman est très intéressante et agréable, les phrases défilent rapidement tellement les événements se précipitent au fil des pages. Rohinton Mistry ne laisse au lecteur et à ses personnages aucun moment de répit pour notre plus grand plaisir. J’ai beaucoup aimé les références multiples au patchwork qui symbolise ici bien plus qu’un assemblage de morceau de tissu.

En lisant ce roman, vous découvrirez également les personnages secondaires comme Shankar le ver de terre, le maitre des mendiants, Rajaram le ramasseur de cheveux, Ashraf le tailleur musulman et bien d’autres qui eux aussi font la puissance de cette histoire.

N’hésitez pas, précipitez vous dans la lecture de ce roman et évadez vous pour l’Inde.

Livre lu dans le cadre des challenges :

A la découverte de l’Inde – Chez Darkness Turns Me On

Le Challenge des 170 idées – Chez Herlan

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