La vie à côté- Mariapia Veladiano

  vie-a-cote-1400755-616x0    Titre  : La vie à coté
    Auteur : Mariapia Veladiano
    Titre original : La vita accanto
    Traducteur : Catherine Pierre-Bon (Italien)
    Éditeur : Stock (La cosmopolite)
    Date de publication : 2013
    Nombre de pages :  224
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans une magnifique maison au bord d’un fleuve, aux côtés d’un père, médecin trop absent, et d’une mère qui « a pris le deuil à sa naissance ». Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena qui la protège. C’est sans compter sur l’impétueuse tante Erminia, qui décide de l’initier au piano, et qui cache pourtant des sentiments moins nobles. Mais Rebecca est douée et va concentrer sa vie entière dans ses mains, parfaites. La rencontre avec la Signora De Lellis, musicienne réputée et détentrice d’un secret de famille, le confirme : une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté.

Avec la légèreté et la férocité d’une fable, La vie à côté brosse le portrait d’une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.

Ce que j’en pense :

Avec la vie à côté, Mariapia Veladiano vous emmène dans un monde où les apparences et les mauvaises langues font la loi. Nous suivons le récit d’une petite fille devenue adulte qui a la particularité d’être très laide, elle se qualifie même de monstre velu. Comble de l’ironie, elle se prénomme Rebecca, qui en hébreu veut dire « jeune et belle ». En effet, rien ne la destinait à ce physique ingrat car ses parents sont tous deux des archétypes de la beauté.

Rebecca vit dans un monde de silence, elle est isolée dans une jolie maison entre deux fleuves car on la cache du monde extérieur.  Elle partage sa vie avec les habitants de cette maison.

Tout d’abord, sa mère qui porte le deuil depuis sa naissance ; complètement muette et démissionnaire, seules 3 à 4 phrases par an sortent de sa bouche et ne sont adressées à personne.

Ensuite, son père, il est totalement absent que ce soit physiquement ou affectivement.

Il y a aussi sa tante Erminia sœur jumelle de son père, autoritaire et directive, c’est elle qui dirige la vie dans cette maison. Pianiste très connue en Italie, elle découvrira que Rebecca a des mains parfaites et un don pour la musique et l’initiera donc au piano.

Et enfin, Maddalena, sa gouvernante, femme délicate et sensible qui guidera ou pas Rebecca en la mettant devant les réalités de ce monde qui les entoure. Je n’ai pas compris cette manie de Maddalena d’avoir toujours la larme à l’œil.

Mariapia Veladiano fait de chacun de ses personnages, des êtres pleins de mystère, on ne sait pas grand chose sur eux que ce qu’il est indispensable pour comprendre l’histoire. Ca m’a beaucoup intrigué. Elle nous peint ainsi l’existence austère de Rebecca qui va trouver comme échappatoire à cet enfer tout d’abord le piano mais aussi Lucilla, une camarade d’école, vive et bavarde,  elle acceptera Rebecca sans souligner sa différence. Il y a aussi maitresse Albertina et la signora De Lellis, cette dernière la guidera vers son secret de famille.

L’écriture de Mariapia Veladiano est pudique, simple, elle fait de Rebecca une fille lucide et mature qui ne s’apitoie jamais sur son sort. On ressent rapidement cet univers pesant. La montée du suspens jusqu’à la révélation du secret est très bien faite, pendant une cinquantaine de pages, il est impossible d’abandonner la lecture mais quelle déception lors de cette découverte… la montagne qui accouche d’une souris. Je comprends cependant que pour Rebecca cette révélation influence sa perception de sa famille et même du monde. Mais je m’attendais vraiment à quelque chose de grandiose tellement l’approche de la découverte du secret est bien menée.

Un roman simple et difficile, un ton original, une écriture arachnéenne mis au service d’un thème peu fréquent dans la littérature celui du « non amour maternel », rien que pour ca ce roman mérite d’être découvert
 
J’ai lu ce livre dans le cadre de la Masse Critique, je remercie babelio et les éditions stock pour cette découverte.

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