Le chasseur zéro – Pascale Roze

Le chasseur zéro
   Titre  Le chasseur zéro
    Auteur : Pascale Roze
    Titre original :
    Traducteur : –
    Éditeur : Le Livre de poche
    Date de publication : 1998
    Date de la première publication : 1996
    Nombre de pages :  186

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Okinawa, avril 1945 : un kamikaze endommage le cuirassé américain Maryland. Des années plus tard, Laura Carlson, qui vit à Paris auprès d’une mère dépressive, a toujours dans les oreilles le sifflement insoutenable de l’avion suicide plongeant en piqué. Même si elle ignore tout ou presque de son père, officier à bord de ce bateau… Elle découvrira la vérité. Mais rien – ni de brillantes études, ni l’amour du jeune musicien qui compose pour elle une de ses premières oeuvres -, rien n’empêchera le chasseur Zéro de la poursuivre jusqu’au bout… Avec une écriture sèche, rigoureuse, au scalpel, Pascale Roze nous fait entrer dans la conscience même de Laura, jusqu’au plus vif, au plus mortel aussi.

Ce que j’en pense :

Laura Carlson grandit entre une mère dépressive et alcoolique et des grand-parents austères et autoritaires. Elle grandit dans un monde de silence. Son père, elle le connait par l’intermédiaire de deux photographies aperçues rapidement sur le chevet maternel. Elle n’osera jamais évoquer l’existence de ce père absent, son identité jusqu’à l’intervention de Nathalie, une copine de classe qui la pousse à interroger sa famille. Avec difficultés, presque malgré elle, elle apprend que son père est un marin américain, mort en 1944 sur le Maryland suite à une attaque kamikaze. C’est également Nathalie qui lui offrira des livres d’histoire sur la guerre du Pacifique et le journal intime d’une jeune kamikaze japonais, Tsurukawa. Elle lit avidement ce témoignage, c’est ainsi que le chasseur zéro entre dans sa vie et la pourchasse jusqu’à la fin.

Laura Carlson est la narratrice de ce récit, le lecteur est immergé dans ses gestes, dans ses pensées. Pendant toute la première partie du livre, j’ai été très attachée à cette jeune fille qui se construit seule dans un silence assourdissant. La quête d’elle même à travers l’identité paternelle tourne très vite à l’obsession d’abord physique puis mentale du chasseur zéro avec qui elle vit une relation passionnelle, un amour envoutant et destructeur qui lui interdit le bonheur et même le moindre plaisir. C’est très fort, très violent, et c’est à partir de ce moment que j’ai perdu Laura, que j’ai perdu la compassion, l’affection que j’éprouve pour ce personnage. Je n’ai pas compris les raisons de son envoutement, son désir d’en finir mais aussi son irrésistible envie qu’il soit présent. Mais peut on comprendre et expliquer la folie ?
 
L’écriture de Pascale Roze est très particulier, des phrases courtes, percutantes qui atteignent leur cible en plein centre. J’ai trouvé son style très agréable et très facile à lire. Elle nous délivre ainsi un portrait violent, déroutant que j’ai beaucoup aimé.

 
Un autre moyen d’évoquer la seconde guerre mondiale et ses dégâts. Grace à ce premier roman, Pascale Roze a obtenu le prix Goncourt en 1996 et je suis très heureuse d’avoir découvert cet auteur grâce à ce livre.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# A vos nombres – Chez Piplo
# La plume au féminin – Chez Opaline

A vos nombres

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Histoire d’O – Pauline Réage

Histoire d'O
   Titre  Histoire d’O
    Auteur : Pauline Réage
    Titre original :
    Traducteur : –
    Éditeur : Livre de poche
    Date de publication : 1999
    Date de la première publication : 1954
    Nombre de pages :  202

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu’aujourd’hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu’elles ne cessent pas d’obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu’à l’esprit. Qu’il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu’elles ont simplement besoin d’un bon maître, et qui se défie de sa bonté…
Jean Paulhan.

Ce que j’en pense :

Iluze nous propose ce mois-ci de lire une romance ou un roman érotique, j’ai choisi de lire le plus classique des romans érotiques.

Je ne suis pas une spécialiste de ce genre de littérature (pour tout avouer, c’est premier que je lis). Je m’attendais à une histoire d’amour érotisée, j’ai donc été très surprise par ma lecture.
O est une jeune fille dont on ignore tout, la seule chose que l’on sait d’elle est qu’elle travaille dans la mode peut être comme photographe. Elle aime un homme plus âgé qu’elle, René. Le livre commence sur une balade romantique au Parc Montsouris. C’est tout ce que l’on trouvera de romantique dans ce roman puisque cette escapade tourne court. Une voiture l’attend, elle mène O et son amant dans un château à Roissy, château dans lequel O apprendra à se soumettre.
Bien plus qu’un soumission sexuelle, O est victime d’une véritable soumission psychologique dans laquelle il n’est nullement question d’amour alors que ce mot est employé très fréquemment. Cette lecture a été assez pénible car plutôt que de la soumission, c’est de l’esclavage, avec ses caractéristiques les plus barbares et les plus archaïques,  que subit O. Elle devient l’objet de plaisir de René et de ses amis, elle n’est plus considérée comme un être humain mais comme un objet. On ne comprend d’ailleurs pas très bien pourquoi elle se laisse traitée de la sorte, pourtant pendant de longues pages Pauline Réage essaie de nous faire entrer dans la tête d’O dans le but de comprendre son acceptation. Elle nous parle d’amour, du plaisir ressenti à obéir à son maitre… ça ne m’a pas du tout convaincue.
Le texte est très travaillé, le vocabulaire est étonnamment prude et pourtant ce récit est très violent, la violence étant située dans les sous entendus ou dans les non dits. La version que j’ai lu ne propose dans de fin, la fin ayant été supprimée, le livre s’achève donc de façon abrupte.
En conclusion, je n’ai rien trouvé de plaisant dans ce roman.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# # Un genre par mois – Chez Iluze
# La plume au féminin – Chez Opaline

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Personne – Gwenaëlle Aubry

Personne
   Titre  : Personne
    Auteur : Gwenaëlle Aubry
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Folio
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages :  176

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

«Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j’ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d’autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d’adulte s’employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d’été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui dans ce monde morcelé et muet qui était peut-être le réel même.»

Comment exister quand on est la fille de personne? De A comme Antonin Artaud à Z comme Zelig en passant par B comme James Bond ou S comme SDF, Personne est le bouleversant portrait, en vingt-six lettres, d’un homme étranger au monde et à lui-même.

Ce que j’en pense :

Quand son père meurt, Gwenaëlle Aubry trouve un cahier, un cahier dans lequel son père à transcrit sa vie, ses états d’âme. Ce cahier porte la mention « A romancer ». Dans Personne, Gwenaëlle Aubry essaie de décrire son père en utilisant les 26 lettres de l’alphabet. Ce portrait sous forme d’abécédaire, nous montre 26 facettes de l’homme qu’était son père. Le récit se fait à traves des souvenirs de l’auteur, des extraits du cahier de son père et ce qu’elle ressent au moment de l’écriture.

François-Xavier Aubry nécessite bien ces 26 lettres pour être cerné, décortiqué. Il né dans une famille bourgeoise. Il devient avocat, donne des cours à l’université mais rapidement la folie l’emprisonne. Dés lors, il partage sa vie entre clinique ou hôpital psychiatrique et épisodes heureux.

Ce portrait m’a fait pensé aux cadeaux que fabrique les enfants pour la fête des mères dans lesquels on peut lire :

Merveilleuse
Amusante
Mélomane
Attentive
Naturelle

(Toute ressemblance avec des personnes ayant exister ne saurait être que fortuite 🙂 )

J’ai donc trouvé ce texte plein de tendresses, plein d’amours, plein de questionnements.

Malheureusement, la méthode originale et précise utilisée par l’auteur la force à déstructurer la chronologie et je dois avouer que j’ai du mal à remettre les choses dans l’ordre et à comprendre le personnage qu’était son père. Je peux également dire que c’est très réussi car le dernier point est partagé par l’auteur, son père est unique, personne, multiple.

Même si je n’ai pas été capable de m’attacher à son père, ce texte est un joli témoignage d’amour d’une fille à son père.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# ABC 2014 – Chez Nanet
# La plume au féminin – Chez Opaline

 

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Trépassez votre chemin, 43, rue du vieux cimetière (Tome 1) – Kate Klise & Sarah Klise

43-rue-du-vieux-cimetière    Titre  : Trépassez votre chemin, 43, rue du vieux cimetière                  (Tome 1)
    Auteur : Kate Klise 
    Illustrateur  : Sarah Klise
    Titre original : The 43 Old Cemetery Road, book 1 : Dying to            meet you
    Traducteur Mickey Gaboriaud (Anglais)
    Éditeur : Albin Michel Jeunesse
    Date de publication : 2012
    Nombre de pages :  176

    Quel âge ? : 8 ans

 
 
 

Quatrième de couverture :

Ignace Bronchon, auteur grincheux de séries pour enfants, vient s’installer pour l’été dans la vieille demeure victorienne du 43 rue du Vieux Cimetière. Pressé par son éditeur, il espère y terminer le treizième volume de sa série, un véritable défi puisqu’il n’a pas écrit une ligne depuis vingt ans ! Mais Bronchon découvre, furieux, qu’il doit cohabiter avec le fils des propriétaires, le jeune Lester Perrance, son chat Shadow et… le fantôme de l’ancienne propriétaire, Adèle I. Vranstock. Lester et Adèle qui s’entendent parfaitement, s’amusent tout d’abord à lui mener la vie dure, mais peu à peu, tous apprennent à se connaître et à s’apprécier. Adèle, romancière de son vivant, aide Bronchon à surmonter sa panne d’inspiration en coécrivant le nouveau roman. Le livre est un tel succès qu’ils rachètent le 43 rue du Vieux Cimetière pour y résider ensemble, comme une vraie famille.

Les personnages :

Ignace Bronchon : C’est un écrivain de livres pour enfants. C’est un vielle homme très ronchon, il n’aime pas les enfant et il est allergique au chat.

Lester : C’est un petit garçon, il habite au 43 rue du vieux cimetière avec son chat Mistinoir. Il croit au fantôme.

Adèle : C’est un fantôme, elle a aussi construit la maison du 43 rue du vieux cimetière. Comme Ignace Bronchon, elle est aussi écrivaine mais aucun éditeur n’a voulu de ses livres. Elle a dit que si personne ne veut de ses livres, elle hantera la maison et le village et c’est aussi l’amie de Lester.

Résumé de l’histoire :

Ignace Bronchon n’arrive pas à écrire de livres depuis 20 ans. Ces éditeurs réclament  un livre, il décide donc de louer une maison loin pour l’été pour enfin terminer son dernier son livre. La maison est une grande et vielle maison, au 43 rue du vieux cimetière . En visitant la maison, Ignace Bronchon découvre que la maison était déjà occupée par un petit garçon et son chat dont il doit s’occuper jusqu’à la fin des vacances d’été. Comme il déteste les enfants et les chats , il décide de faire des règles très strictes :  ne pas sauter, ne pas claquer les portes, ne lui parler que par lettre et surtout ne pas le déranger quand il écrit. Mais on joue du piano, on claque les portes, Ignace accuse Lester de désobéir  mais ce n’est pas lui. Qui fait tant de bruits malgré l’interdiction d’Ignace Bronchon ? Va t il pouvoir écrire son dernier livre dans une maison aussi bruyante ?

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé cette histoire car il y a du suspense et c’est rigolo. Les noms des personnage sont des jeux de mots (Ex : Les Perence). J’ai aussi beaucoup aimé que l’histoire soit racontée par des lettres ou des morceaux de journaux. On comprend facilement car chaque personnage a son écriture et Lester ajoute même des petits dessins. Ce qui est bien dans ce livre, c’est qu’au debout rien ne va mais a la fin tout va bien avec une petite surprise.

Lu et chroniqué par Clémence 9 ans.

Harry Potter et la chambre des secrets (Tome 2) – J. K. Rowling

Harry Potter et la chambre des secrets

   

    Titre  : Harry Potter et la chambre des secrets (Tome 2) 
    Auteur : J. K. Rowling
    Titre original : Harry Potter and the Chamber of Secrets
    Traducteur : Jean-François Ménard (Anglais)
    Éditeur : Gallimard
    Date de publication : 2001
    Date de la première publication : 1998
    Nombre de pages  280

 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Harry Potter fait une deuxième rentrée fracassante en voiture volante à l’école des sorciers. Cette deuxième année ne s’annonce pas de tout repos… surtout depuis qu’une étrange malédiction s’est abattue sur les élèves. Entre les cours de potion magique, les matchs de quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets? Un livre magique pour sorciers et sorcières confirmés!

Ce que j’en pense :

La chambre des secrets est le deuxième tome de la série Harry Potter. On y retrouve les ingrédients qui ont fait le succès du premier tome, de la magie, des aventures, le non respect des règles de l’école et surtout l’amitié qui lie les petits sorciers.

Je trouve que ce tome a du mal a démarré. En effet, dans toute la première partie J. K. Rowling nous explique ce que l’on a découvert dans le tome 1, chose essentielle pour situer l’action si on lit ce deuxième épisode sans avoir lu le premier mais pour moi qui l’ai lu il y a moins d’un mois j’ai trouvé ça long. Heureusement, l’écriture est toujours aussi simple et agréable ce qui nous permet d’arriver sans encombre au cœur de l’histoire. Pour sa deuxième entrée à Poudlard, Harry Potter va devoir affronter l’héritier de Serpentard. Cette force du mal souhaite purifier le monde de la magie en éliminant les sorciers dont la lignée n’est pas pure, c’est ainsi que l’on retrouve bon nombre de ses camarades pétrifiés. L’énigme est bien menée puisqu’on est rapidement pris au jeu et l’on suspecte tour à tour chacun des élèves et professeur ayant un comportement étrange… sans évidement trouver le coupable avant la fin.

Cette aventure permet également à l’auteur d’approfondir l’univers de Poudlard, on découvre de nouvelles habitudes et de nouveaux personnages pour notre plus grand plaisir.

On retrouve dans cet épisode un Harry Potter plus confiant et qui maitrise davantage ses pouvoirs et j’ai vraiment hâte de le voir grandir dans les tomes suivants.

Retrouver mon avis sur les autres tomes : Tome 1Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6 et Tome 7.

J’ai lu ce livre dans le cadre des challenges :
# La plume au féminin – Chez Opaline
# Relisons Harry Potter – Chez George

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Tigre, tigre ! – Margaux Fragoso

Tigre, tigre !
   Titre  Tigre, tigre !
    Auteur : Margaux Fragoso
    Titre original Tiger, tiger
    Traducteur : Marie Darrieussecq (Anglais)
    Éditeur : Flammarion
    Date de publication 2012
    Date de la première publication : 2011
    Nombre de pages :  404

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Par une belle journée d’été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans ; il en a cinquante et un. Quand Peter l’invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d’animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d’ami, puis de père, et d’amant. Charmeur et manipulateur, Peter s’insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l’enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée. Lyrique, profond et d’une limpidité hypnotique, Tigre, tigre ! dépeint d’une manière saisissante les forces opposées de l’emprise et de la mémoire, de l’aveu et du déni, et questionne nos capacités de guérison. Un récit extraordinaire qui dévoile de l’intérieur la pensée d’une jeune fille au bord de la chute libre.

Ce que j’en pense :

Tigre, tigre ! est un témoignage. Le témoignage de Margaux Fragoso, elle relate 14 ans de sa vie sous l’influence d’un pédophile.

Margaux a 7 ans quand elle rencontre Peter à la piscine. Il a un visage d’enfant, elle est attirée par lui et lui propose de jouer. Peter invite Margaux et sa mère chez lui, à travers les yeux de Margaux cette maison c’est le paradis sur terre. Il y a plein d’animaux, pleins de jeux. Peter est gentil, il prend soin d’elle et de sa mère. Elles aiment aller chez Peter, cette première invitation sera suivie de nombreuses autres et c’est ainsi que le monstre tisse sa toile.

Comme il est difficile de parler de ce livre, j’ai peur en retranscrivant les faits, les pensées de Margaux de les dénaturer.

Les parents de Margaux aiment leur fille mais sa mère est gravement dépressive et son père est alcoolique et violent. Ils sont donc maladroits et Margaux se sent mal chez mal, elle manque d’amour. Elle s’attache donc rapidement à Peter qui la rassure, lui dit qu’elle est belle, se préoccupe d’elle. Il prendra tour à tour, le rôle d’ami puis de père enfin malheureusement d’amant.

Margaux Fragoso a le talent de retranscrire avec beaucoup de justesse aussi bien les pensées d’une fillette de 7 ans que celles d’une jeune femme de 20 ans. Son récit est précis, elle mêle les faits bruts et ses émotions les plus profondes. Margaux est une gentille petite fille à laquelle on s’attache très rapidement et même si son parcours est particulièrement difficile, elle ne cherche pas ni les larmes ni l’apitoiement du lecteur. Elle raconte, elle explique.

Son témoignage est poignant et déstabilisant. Ils s’aiment, ils veulent se marier et avoir des bébés. Il est manipulateur et Margaux ne lui refuse rien. Tout le long de leur relation, elle l’aime, oui mais elle éprouve également une rage folle contre cet homme qui lui a pris son enfance. Et pourtant, elle reste, très tôt elle sait que Peter risque la prison si l’on s’est qu’ils sont « amoureux » et jamais l’idée de le dénoncer ne lui effleure l’esprit.

Son témoignage est également effrayant, pendant ces longues années Margaux est solitaire, à l’école on remarque son comportement « diffèrent », une enquête sociale est menée mais Peter n’est pas inquiété. On apprend à la fin du livre que Margaux n’est pas la première victime de Peter et pourtant il est toujours libre d’agir comme bon lui semble, et pire encore il est famille d’accueil pour les enfants en difficulté. Nous sommes aux Etats Unis mais j’imagine sans mal que des Peter et petites Margaux existent en Europe, en France.

Un livre difficile mais un témoignage intéressant.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# ABC 2014 – Chez Nanet
# 1 pavé par mois – Chez Bianca
# La plume au féminin – Chez Opaline
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Tous les matins du monde – Pascal Quignard

Tous les matins du monde
   Titre  Tous les matins du monde
    Auteur : Pascal Quignard
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Folio
    Date de publication : 1993
    Nombre de pages :  132

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l’ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.

Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu’à la barque. L’ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu’il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura : – Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. »

Ce que j’en pense :

Tous les matins du monde est une réflexion sur la musique. Suffit-il de faire de la musique pour être musicien ?

Madame de Sainte Colombe vient de mourir laissant son mari seul avec ces deux jeunes filles. Monsieur de Sainte Colombe est inconsolable, il passe ses journées à jouer de la viole de gambe, enfermé dans une petite cabane. A travers cet instrument, Monsieur de Sainte Colombe exprime tout son malheur, il va même jusqu’à ajouter une corde supplémentaire à la viole pour lui permettre de retranscrire toutes les nuances de la voix humaine. Il forme un trio avec ses filles qui a tellement de succès que le roi le souhaite à sa cour. Mais pour Monsieur de Sainte Colombe la musique est un art de vivre et non un moyen de monter socialement.

Ce roman est texte très court basé sur des faits historiques réels qui met la musique au cœur de l’histoire. Pour Pascal Quignard, la musique se vit à chaque instant, le vent, un peintre menant le pinceau émane une musicalité qui mérite d’être découverte et entendue. Cette vision de la musique est ce que chaque passionné voue à l’objet de sa passion. J’ai trouvé ce thème très intéressant et très bien abordé, la passion, ici la musique, conduit chaque instant de la vie pour rester telle quelle est il ne faut pas attendre quelque chose d’elle.

Pourtant, j’ai eu beaucoup de mal à trouver un quelconque intérêt aux personnages peuplant ce roman. Ils restent trop loin du lecteur sauf peut être Monsieur de Sainte Colombe qui est le seul à s’ouvrir et à présenter ses émotions et ses sentiments.

Tous les matins du monde est un livre assez noir que Pascal Quignard sert avec un style assez particulier, des phrases très courtes, un style ampoulé qui selon moi convient parfaitement à l’image que j’ai du 17ième siècle.

 

Livre lu dans le cadre des challenges :
# ABC 2014 – Chez Nanet
# Les 100 livres à lire au moins une fois – Chez Bianca

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Les gens heureux lisent et boivent du café – Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café

    Titre  Les gens heureux lisent et boivent du café
    Auteur :  Agnès Martin-Lugand 
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Pocket
    Date de publication : 2014
    Nombre de pages  192

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

Ce que j’en pense :

Comme beaucoup, j’ai été interpellée par ce titre. J’ai donc voulu savoir ce que cachait ce roman. Ce livre se lit très vite mais mon plaisir de lecture a été mitigé.

Diane a perdu son mari Colin et sa fille Clara lors d’un accident de voiture. Elle a beaucoup de mal remettre sa vie en marche. Sous la pression de son meilleur ami, Felix, elle décide d’immigrer en Irlande, officiellement pour réapprendre à vivre, officieusement pour s’isoler encore davantage.

Mon avis sur ce livre peut être découpé en deux parties.

La première partie évoquant le deuil, la difficulté à oublier et à se reconstruire après une perte aussi horrible. Je trouve cette partie très bien faite, j’ai compris sans mal les réactions de Diane. Pendant la lecture, je me suis projetée dans ce personnage et j’étais très émue de son état. Les mots choisis par Agnès Martin-Lugand ne provoquent pas l’apitoiement mais présentent habilement les difficultés et les étapes du deuil. J’ai vraiment beaucoup aimé la façon dont l’auteur traite ce thème.

La seconde partie est consacrée à sa reconstruction avec essentiellement la rencontre de Diane et de son voisin Irlandais, Edward, un artiste bourru. Je n’ai pas du tout apprécié cette partie, les réactions d’Edward et de Diane qui sont censés être des adultes sont incompréhensibles et d’après moi incompatibles avec l’état de deuil dans lequel se trouvait Diane quelques pages plus tôt. J’avais l’impression d’être dans une cour d’école. Malheureusement, ce n’est pas le pire car le pire arrive avec Megan, l’ex fiancée d’Edward qui finira en combat de poules. C’est dommage car je trouvais l’idée de départ, deux personnes écorchées par la vie qui s’aident à reprendre confiance et à réapprendre à trouver du plaisir dans la vie, plutôt bonne.

Agnès Martin-Lugand a un style très vif fait de beaucoup de dialogues qui donne un rythme certain au récit. Il permet de ne pas s’ennuyer malgré les inconvénients de la seconde partie.

La fin est assez inattendue et très plaisante.

Les gens heureux lisent et boivent du café est un titre prometteur mais un roman qui m’a déçue.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# La plume au féminin – Chez Opaline

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Les filles de l’ouragan – Joyce Maynard

Les Filles de l'ouragan

    Titre  Les filles de l’ouragan
    Auteur : Joyce Maynard
    Titre original : The Good Daughters
    Traducteur : Simone Arous (Anglais)
    Éditeur : Philippe Rey
    Date de publication : 2012
    Nombre de pages  330

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes.
Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée.
Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche.
Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir.

Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, ce récit suit les itinéraires personnels de deux « sœurs de naissance », des années 1950 à aujourd »hui. Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s »entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte – les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé – et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence.

Ce que j’en pense :

La dent dure et moi avons lu récemment Long week-end et avons décidé de lire en commun un autre roman de cet auteur. Notre choix s’est porté sur Les filles de l’ouragan, vous pouvez lire son avis ici.

Ruth Plank et Dana Dickerson sont sœurs d’anniversaire, elles sont nées toutes les deux le 4 juillet 1950 (Joyeux anniversaire les filles !), dans une petite maternité du New Hamsphire, neuf mois après un ouragan de grande ampleur. Elles grandissent dans des familles que tout oppose. Les Plank sont fermiers et conservateurs, leur vie est régie par la religion. Les Dickerson sont bohèmes, ce sont des artistes qui se cherchent. Néanmoins, les deux familles souhaitent que les sœurs d’anniversaire restent en contact.

J’ai adoré suivre la vie de Ruth et Dana de leur naissance en 1950 à nos jours. Le livre s’organise en chapitres courts qui donnent alternativement la parole à chacune. Ainsi on les suit dans les moments les plus importants de leur vie sur fond d’histoire des Etats-Unis, la guerre de Vietnam, Woodstock, l’assassinat de Kennedy…

Ruth et Dana sont différentes et on s’aperçoit rapidement que chacune ressemble plus à la famille de l’autre qu’à sa propre famille. On devine donc assez vite le secret qui réunit ces deux familles, il m’avait d’ailleurs été susurré à la lecture de la quatrième de couverture. Au début, j’ai trouvé vraiment dommage de révéler la fin du roman dés la lecture du synopsis mais ce roman est bien plus que la révélation d’un secret de famille. Ces deux jeunes filles qui deviennent femmes sont différentes comme je l’ai dit plus tôt mais elles ont aussi beaucoup de points communs. Elles doivent grandir avec le sentiment de ne pas être aimé l’une de sa mère, l’autre de son père, elles sont fortes, indépendantes, libérées. Il m’est impossible d’en préférer une tellement toutes deux m’ont paru très vite sympathiques.

C’est le second roman de Joyce Maynard que je lis et j’apprécie beaucoup sa plume. Elle écrit avec délicatesse et arrive à passionner le lecteur par des vies somme toute ordinaires, faites d’amour, de joie, d’abandon et de solitude. Elle nous conduit vers la simplicité, vers l’essence même de la vie et j’ai été séduite.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# La plume au féminin – Chez Opaline

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Robert des noms propres – Amélie Nothomb

Robert des noms propres  

    Titre  Robert des noms propres
    Auteur : Amélie Nothomb
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Albin Michel
    Date de publication : 2002
    Nombre de pages  171

 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Pour un écrivain, il n’est pas de plus grande tentation que d’écrire la biographie de son assassin.
Robert des noms propres : un titre de dictionnaire pour évoquer tous les noms qu’aura dits ma meurtrière avant de prononcer ma sentence. C’est la vie de celle qui me donne la mort.

Ce que j’en pense :

Le livre débute sur une naissance dans des conditions particulières. Sa mère contre l’avis de tous souhaite pour le nouveau né un prénom hors du commun pour que sa fille soit une personne extraordinaire. Elle s’appellera Plectrude. Effectivement l’enfance et la vie de Plectrude ne sont pas banales.

Aucun doute, Robert des noms propres est un roman d’Amélie Nothomb. On y trouve les thèmes préférés de l’auteur la beauté, la perfection de l’enfance, la mort… Comme toujours, son héroïne a un prénom hors du temps, elle est dans tous les extrêmes, elle est différente. Tous les ingrédients qui me plaisent d’habitude chez cet auteur n’ont pas opéré ici. J’ai détesté l’habitude de Clémence (la mère). Sans dire que je n’ai pas cru à l’histoire de Plectrude car les récits d’Amélie Nothomb ne sont pas faits pour être crus mais je n’ai pas réussi à ressentir un quelconque sentiment de cette jeune héroïne.

Et la fin, pour moi c’est une catastrophe, l’auteur a l’audace d’entrer dans le roman ce qui aurait pu donner avec le talent d’Amélie Nothomb être un évènement original et un fait exceptionnel, mais c’est beaucoup trop rapide et ça n’apporte vraiment rien au récit. Le seul bénéfice que je vois à cette fin des plus singulières c’est de faire référence aux autres romans de l’auteur.

Vous l’aurez compris, si vous voulez lire un roman d’Amélie Nothomb ne commencez pas par Robert des noms propres.

 

J’ai lu ce livre dans le cadre des challenges :

# Le challenge Amélie Nothomb – Chez Chinouk
# La plume au féminin – Chez Opaline

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L’Affaire du rideau bleu (Les Quatre de Baker Street – Tome 1) – Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien


L'affaire du rideau bleu    Titre  
L’Affaire du rideau bleu (Les Quatre de Baker Street – Tome 1) 
    Scénario : Jean-Blaise Djian et Olivier Legrand
    Dessin : David Etien
    Traducteur : –
    Éditeur : Vents d’Ouest
    Date de publication 2009
    Nombre de pages :  56

 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street !
Billy, Charlie et Black Tom sont inséparables. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l’East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la protection d’un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d’espions des rues… Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve… en s’adjoignant les services d’un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l’époque victorienne !

Ce que j’en pense :

J’ai découvert cette BD chez Bianca. Son avis enthousiaste m’a donné envie de me plonger dans les rues du Londres du 19ième siècle en compagnie de ce quatuor.

Billy, Charlie et Tom sont trois jeunes garçons des rues qui rendent de petits services au célèbre Sherlock Holmes. Alors que Ton va rejoindre sa fiancée, Betty une jeune fleuriste, celle-ci est enlevée. Le trio (Dans ce tome, ils ne sont que trois. Le quatrième de la bande vient les rejoindre à la fin de ce tome.) se précipite chez Sherlock Holmes pour lui demander de l’aide, malheureusement il est parti pour résoudre une affaire en dehors de Londres. Les Quatre de Baker Street vont donc devoir agir et sauver Betty seuls.

J’ai adoré cette BD. Tout d’abord, ces trois jeunes garçons, Billy qui met ses pas dans celui de son mentor de détective, Charlie le discret qui nous surprend au bout de quelques pages et Tom, l’amoureux qui fonce sans trop réfléchir. La vie est dure dans ces rues de Londres pour trois jeunes garçons, ils veillent donc l’une sur l’autre et forment un sacré trio, entre chamailleries et entraide. Ensuite, en commençant cette BD, on est pris dans un tourbillon d’action, les choses vont très vite. Je me suis même imaginé devant un dessin qui s’anime quand on tourne les pages rapidement.

4BakerStreet05

Les couleurs des dessins m’ont un peu surprises au début, je trouvais qu’elles manquaient de pureté mais finalement je trouve qu’elles sont parfaites pour illustrer à la fois l’obscurité et le danger des rues du Londres du 19ième siècle. J’ai apprécie la multitude de détails dans le dessin mais aussi la mise en opposition des rues sombres au luxe de la haute société. Et enfin, ce que j’ai préféré dans le dessin, ce sont les visages très expressifs… j’ai savouré.

Je remercie Bianca pour son conseil, j’ai passé un moment fabuleux, une course à 100 à l’heure dans le Londres victorien en compagnie de trois jeunes garçons très attachants.