Le joueur d’échecs – Stefan Zweig

9782253057840

   

    Titre  Le joueur d’échecs
    Auteur : Stefan Zweig
    Titre original : Schachnovelle
    Traducteur : Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent (Allemand)
    Éditeur : Le livre de poche
    Date de publication : 2013
    Nombre de pages  111

 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d’illustration à la charmante époque où nous vivons ».

Ce que j’en pense :

Le joueur d’échecs est un texte sombre que l’on comprend et donc apprécie davantage quand on connaît les circonstances dans lequel il a été écrit. Stefan Zweig a écrit cette nouvelle fin 1941 juste avant de se suicider en février 1942. Il se sent à l’époque las et désespérément impuissant devant la toute puissante et arrogante Allemagne nazie.

Dans le joueur d’échecs, le narrateur est autrichien (comme l’auteur). Il est sur un paquebot qui le conduit de New York à Buenos Aires (C’est au Brésil que Stefan Zweig a fini sa vie). Czentovic, le champion d’échecs fait également parti du voyage. L’auteur insiste sur les origines modestes, l’inculture et les incapacités à apprendre du champion. Il est également décrit comme vaniteux, impertinent, grossier. On détecte rapidement que Czentovic est le « méchant » de l’histoire. Mais voilà, plusieurs années qu’il rapporte toutes les compétitions d’échecs, il est l’incontestable champion de ce jeu qui ne laisse aucune place au hasard.

Le narrateur est rapidement intrigué par ce personnage détestable. Il décide donc d’organiser de parties d’échecs dans le salon pour attirer le champion. Le subterfuge fonctionne puisque le champion jette un coup d’œil mais acceptera une parte seulement si elle est rémunérée. Les parties s’enchainent et le champion accumulent les victoires jusqu’à ce qu’un mystérieux voyageur intervienne et conseille les joueurs qui grâce à lui font pat. C’est cet inconnu qui devient le véritable héros de ce récit. Il prétend ne pas connaître les règles de ce jeu. Le narrateur intrigué par cette révélation va questionner l’inconnu. Cet homme, Monsieur B. lui révèle les circonstances qui l’ont amené à jouer aux échecs avec toute la démesure de la situation.

Une partie est enfin organisée entre Czentovic, dont certains traits sinon tous l’assimilent à l’Allemagne nazie et M. B qui symbolise qui pays envahis. Stefan Zweig est mort avant la fin des combats cependant sa vision n’est pas très optimiste car il finit le roman par cette phrase prononcé par Czentovic : « Pour une dilettante, ce monsieur à vrai dire était remarquablement doué ».

Cette nouvelle est très agréable à lire, l’histoire est prenante mais elle prend un tout autre sens lorsque l’on découvre le parallèle avec la seconde guerre mondiale. Les mots de Stefan Zweig sont simples et fluides. On peut cependant être choqué des propose de Monsieur B qui déclare que la torture qu’il a subit est pire que les horreurs des camps de concentration. Mais on l’excuse car il est lui aussi une victime et ce qu’il décrit vient s’ajouter à la longue liste des barbaries nazies.

La construction narrative que l’on retrouve dans d’autres nouvelles de l’auteur,  est intéressante puisque le personnage central de la nouvelle, celui qui porte la force du récit n’est pas celui que l’on soupçonne au début.

J’ai trouvé ce texte trop  mais c’est sans doute à cause des son nombre de pages réduit qu’il est si fort et si intense. Assurément, je lirai rapidement d’autres livres de cet auteur.

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge :

# ABC 2014 – Chez Nanet

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Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

    9782253157304Titre  : Quand souffle le vent du nord
    Auteur : Daniel Gladiateur
    Titre original : Gut gegen Nordwind
    Traducteur : Anne-Sophie Anglaret (Allemand)
    Éditeur : Le livre de poche
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages :  352

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Un homme et une femme.
Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant…
Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux.

Ce que j’en pense :                            images-12Ce roman est un coup de coeur. images-12

Ce roman est un véritable COUP de CŒUR ! Un livre complètement addictif, les pages  tournent et tournent encore sans que l’on ne s’en rende compte et c’est avec beaucoup de regret qu’apparait la mot ‘FIN’.

Quand souffle le vent du Nord est un roman épistolaire en version 2.0, car ici ce ne sont pas des lettres mais des mails que s’échangent les deux protagonistes.

C’est grâce à une erreur d’adresse qu’Emmi qui chausse du 37 (Excusez-moi, j’adore) et Léo vont correspondre par boite mail interposée. Evidement, dans un premier temps le contenu de cette correspondance est cordial et distant. Mais rapidement, au fil des mails, les messages deviennent passionnés ou/et désespères.  Chacun délivrant au travers de ses messages ce qu’il désire que l’autre sache de lui même avec un soupçon de séduction. C’est comme cela que le lecteur les découvre également.

Les personnalités d’Emmi et Léo sont entières, attachantes et crédibles. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages, ils réagissent différemment vis à vis de ce qui leur arrive mais les deux versions me semblent réalistes. J’imagine aisément le chamboulement qu’il existe dans chacune de leur tête. Je me suis identifié à tour à tour à Emmi et à Léo.  Beaucoup ont trouvé Emmi énervante, personnellement je l’ai trouvé tout à fait dans son personnage de femme mariée et amoureusement virtuellement.

Le mail est un mode de communication que l’on situe entre l’écrit et l’oral et c’est tout à fait ce que l’on retrouve dans cet échange. Les messages courts, rapides et sans implications personnelles se mélangent aux messages intenses, réfléchis et passionnés. Je dois avouer qu’en lisant la fin d’un message, j’avais déjà l’œil sur le début du suivant. J’ai découvert le principe du mail alcoolisé… Hum intéressant !!! Cette lecture m’a définitivement emballée.

La Septième Vague est la suite de cette histoire, j’hésite beaucoup à le lire car pour moi l’histoire d’Emma et Léo se termine ici. Une morale qui définit qu’une relation virtuelle est passionnée, excitante, exaltante, enivrante, captivante, délirante, intense mais fragile me semble parfaite.

Merci Ando