Le Meilleur des jours – Yassaman Montazami

Le Meilleur des jours
   Titre  : Le meilleur des jours
    Auteur et illustrateur : Yassaman Montazami
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Sabine Wespieser Editeur
    Date de publication 2012
    Nombre de pages :  138

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. « Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas », affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait œuvrer à l’abolition du salariat et être salarié – c’était incompatible. » Y. M.

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait.

Ce que j’en pense :

Dans Le meilleur des jours, Yassaman Montazan nous présente quel homme extraordinaire a été son père. Il porte le prénom de Behrouz, le meilleur des jours en persans, à travers ce récit nous assimilons la justesse de ce choix car Behrouz n’a vécu que le meilleur des jours.

Behrouz nait en Iran de façon prématurée après l’échec d’un avortement artisanal et raté. Tout laisse à pense qu’il mourra très jeune mais l’immense amour de sa mère va lui permettre de grandir dans cette famille bourgeoise dans laquelle il est choyé. Il étudie à Paris, à l’université de la Sorbonne, où il prépare une thèse sans compter le nombre des années. C’est également en France qu’il fondera sa famille avec de quelques allers-retours dans son Iran natal.

C’est un joli hommage que l’auteur fait à son père hors du commun surtout très différent de tout ce que j’ai pu jusqu’à présent lire sur l’Iran et les iraniens. Il est idéaliste, intellectuel, dévoué et fan inconditionnel de Karl Marx. De ce point de vue, le livre est très intéressant, un autre Iran nous est montré. Behrouz est un homme libre avec une mentalité des plus ouverte et j’ai été très heureuse de rencontrer un tel homme et de telles idées dans ce pays connu pour être un des plus liberticide.

Un récit mêlant tendresse et violence. Tendresse car on ressent un réel amour filial presque une vénération entre l’auteur et son père. Elle s’est construite à travers lui et lui la considère en égale et lui permet de grandir comme bon lui semble. Violence car on assiste dans ce texte à la montée du régime islamique et à la fuite des protestataires. Et c’est de ce point de vue que j’ai été dérangée par l’angle pris par l’auteur. C’est une histoire vraie donc on ne peut rien reprocher aux faits mais le regard d’exilé de Berhouz sur cet horrible épisode est certes intéressant mais reflète mal tout ce qui s’est passé pendant cette période.

C’est la première fois que je lis un livre des éditions Sabine Wespieser, j’ai trouvé ce livre, par son format, par la légèreté et la douceur du papier, par la police de caractère particulièrement agréable à lire.

 

Lu  dans le cadre des challenges :
# La plume au féminin – Chez Opaline
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En censurant un roman d’amour Iranien- Shahriar Mandanipour

9782021005912

   

    Titre  En censurant un roman d’amour Iranien
    Auteur : Shahriar Mandanipour
    Titre original : Censoring an Iranian Love Story
    Traducteur : Sara Khalili (Farsi) /Georges-Michel Sarotte                (Anglais)
    Éditeur : Seuil
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages  404

 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Téhéran, de nos jours. Comment un garçon et une fille peuvent-ils se rencontrer et vivre une histoire d’amour alors que la République islamique a instauré une rigoureuse séparation des sexes ? Comment publier un roman d’amour, alors que l’impitoyable censeur pourchasse la moindre allusion érotique ? Sara et Dara s’aiment par messages codés inscrits dans des livres empruntés à la bibliothèque, par téléphone ou par ordinateur interposé et au cours de promenades dans les rues en jouant à cache-cache avec les oppresseurs.

Avec un humour irrésistible, seule arme efficace face à la censure, et un recours immodéré à l’autodérision, Shahriar Mandanipour rédige sous nos yeux un poignant roman d’amour à la fois réaliste et fantastique, placé sous l’égide des grands poètes persans, des écrivains et des cinéastes occidentaux.

Loufoque et bouleversant, jubilatoire et tragique, En censurant un roman d’amour iranien réconcilie de façon magistrale Le Procès de Kafka, La Ferme des animaux d’Orwell, et les contes des Mille et Une Nuits.

Ce que j’en pense :

Shahriar Mandanipour se propose de nous conter un roman d’amour entre une jeune fille et un jeune homme, tous deux iraniens. Le thème semble n’avoir rien de sensationnel ou même d’original mais nous sommes dans l’Iran postrévolutionnaire. Un pays dans lequel les jeunes filles sont isolées, isolées derrière leur voile, isolées de tout contact avec les jeunes hommes. On apprend dans ce livre que les femmes et les hommes ne marchent pas sur les mêmes trottoirs et que la patrouille de la campagne contre la corruption sociale vérifie  partout et tout le temps le respect des bonnes mœurs islamiques iraniennes. La tache est d’autant plus compliquée que le ministère de la culture et de l’orientation islamique vérifie que chaque parution littéraire, musicale, cinématographique  respecte les préceptes de l’Iran.

Dans En censurant un roman d’amour iranien, on suit la rédaction de ce roman d’amour. Le texte écrit par l’auteur est écrit en gras, de nombreux mots sont barrés suite à l’autocensure que l’auteur exerce sur son propre texte. Chaque retrait est explicité au lecteur sous la forme d’un jeu de question réponse qui se crée entre le lecteur et l’auteur. J’ai trouvé ce style narratif passionnant et les explications de Shahriar Mandanipour sont très enrichissantes. Il nous dévoile une multitude d’éléments sur les mœurs de l’Iran et il décortique sa littérature et la richesse de sa culture et de son histoire.  Il démontre que chaque récit, plus encore s’il est soumis à la censure, doit être lu à deux niveaux. Ce récit est fait avec beaucoup d’humour, de l’autodérision et une seconde histoire d’amour ressort de ce récit, celle de l’autour pour son pays adoré.

Je me suis très vite attachée aux deux amoureux, Dara et Sara. Le chemin vers leur amour semble tellement difficile. Ils sont à la fois cultivés, gentils, respectueux mais aussi un peu  rebelles.

Certains passages sont un peu longs mais on oublie cela très vite car l’envie de connaître ce pays grandit au fur et à mesure que les pages se tournent.  De plus, certaines références à la littérature demandent une culture approfondie des classiques littéraires.

J’ai lu ce livre dans le cadre des challenges :

# A vos nombres– Chez Piplo
# ABC 2014 – Chez Nanet

A vos nombresbanni_reABC2014_al_atoire