Personne – Gwenaëlle Aubry

Personne
   Titre  : Personne
    Auteur : Gwenaëlle Aubry
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Folio
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages :  176

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

«Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j’ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d’autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d’adulte s’employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d’été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui dans ce monde morcelé et muet qui était peut-être le réel même.»

Comment exister quand on est la fille de personne? De A comme Antonin Artaud à Z comme Zelig en passant par B comme James Bond ou S comme SDF, Personne est le bouleversant portrait, en vingt-six lettres, d’un homme étranger au monde et à lui-même.

Ce que j’en pense :

Quand son père meurt, Gwenaëlle Aubry trouve un cahier, un cahier dans lequel son père à transcrit sa vie, ses états d’âme. Ce cahier porte la mention « A romancer ». Dans Personne, Gwenaëlle Aubry essaie de décrire son père en utilisant les 26 lettres de l’alphabet. Ce portrait sous forme d’abécédaire, nous montre 26 facettes de l’homme qu’était son père. Le récit se fait à traves des souvenirs de l’auteur, des extraits du cahier de son père et ce qu’elle ressent au moment de l’écriture.

François-Xavier Aubry nécessite bien ces 26 lettres pour être cerné, décortiqué. Il né dans une famille bourgeoise. Il devient avocat, donne des cours à l’université mais rapidement la folie l’emprisonne. Dés lors, il partage sa vie entre clinique ou hôpital psychiatrique et épisodes heureux.

Ce portrait m’a fait pensé aux cadeaux que fabrique les enfants pour la fête des mères dans lesquels on peut lire :

Merveilleuse
Amusante
Mélomane
Attentive
Naturelle

(Toute ressemblance avec des personnes ayant exister ne saurait être que fortuite 🙂 )

J’ai donc trouvé ce texte plein de tendresses, plein d’amours, plein de questionnements.

Malheureusement, la méthode originale et précise utilisée par l’auteur la force à déstructurer la chronologie et je dois avouer que j’ai du mal à remettre les choses dans l’ordre et à comprendre le personnage qu’était son père. Je peux également dire que c’est très réussi car le dernier point est partagé par l’auteur, son père est unique, personne, multiple.

Même si je n’ai pas été capable de m’attacher à son père, ce texte est un joli témoignage d’amour d’une fille à son père.

 

Livre lu dans le cadre du challenge :
# ABC 2014 – Chez Nanet
# La plume au féminin – Chez Opaline

 

banni_reABC2014_al_atoireplume2014_2

 

Publicités

Le Meilleur des jours – Yassaman Montazami

Le Meilleur des jours
   Titre  : Le meilleur des jours
    Auteur et illustrateur : Yassaman Montazami
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Sabine Wespieser Editeur
    Date de publication 2012
    Nombre de pages :  138

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. « Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas », affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait œuvrer à l’abolition du salariat et être salarié – c’était incompatible. » Y. M.

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait.

Ce que j’en pense :

Dans Le meilleur des jours, Yassaman Montazan nous présente quel homme extraordinaire a été son père. Il porte le prénom de Behrouz, le meilleur des jours en persans, à travers ce récit nous assimilons la justesse de ce choix car Behrouz n’a vécu que le meilleur des jours.

Behrouz nait en Iran de façon prématurée après l’échec d’un avortement artisanal et raté. Tout laisse à pense qu’il mourra très jeune mais l’immense amour de sa mère va lui permettre de grandir dans cette famille bourgeoise dans laquelle il est choyé. Il étudie à Paris, à l’université de la Sorbonne, où il prépare une thèse sans compter le nombre des années. C’est également en France qu’il fondera sa famille avec de quelques allers-retours dans son Iran natal.

C’est un joli hommage que l’auteur fait à son père hors du commun surtout très différent de tout ce que j’ai pu jusqu’à présent lire sur l’Iran et les iraniens. Il est idéaliste, intellectuel, dévoué et fan inconditionnel de Karl Marx. De ce point de vue, le livre est très intéressant, un autre Iran nous est montré. Behrouz est un homme libre avec une mentalité des plus ouverte et j’ai été très heureuse de rencontrer un tel homme et de telles idées dans ce pays connu pour être un des plus liberticide.

Un récit mêlant tendresse et violence. Tendresse car on ressent un réel amour filial presque une vénération entre l’auteur et son père. Elle s’est construite à travers lui et lui la considère en égale et lui permet de grandir comme bon lui semble. Violence car on assiste dans ce texte à la montée du régime islamique et à la fuite des protestataires. Et c’est de ce point de vue que j’ai été dérangée par l’angle pris par l’auteur. C’est une histoire vraie donc on ne peut rien reprocher aux faits mais le regard d’exilé de Berhouz sur cet horrible épisode est certes intéressant mais reflète mal tout ce qui s’est passé pendant cette période.

C’est la première fois que je lis un livre des éditions Sabine Wespieser, j’ai trouvé ce livre, par son format, par la légèreté et la douceur du papier, par la police de caractère particulièrement agréable à lire.

 

Lu  dans le cadre des challenges :
# La plume au féminin – Chez Opaline
plume2014_2

 

Jayne Mansfield 1967 – Simon Liberati

jayne_mansfield_1967_s

   

    Titre  Jayne Mansfield 1967
    Auteur : Simon Liberati
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Grasset
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages  196

 
 

Quatrième de couverture :

« Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle. »

Dans cette Buick broyée se trouvait une femme, une « Hollywood movie star »de trente-quatre ans, danseuse nue à Las Vegas, célébrissime sex-symboldes années 50.
Simon Liberait ressuscite Jayne Mansfield, l’actrice méconnue la plus photographiée au monde, fouille amoureusement dans les recoins les plus ténébreux de sa vie, retrace ses dernières heures en plein été hippie, qui disent aussi le crépuscule de l’âge d’or hollywoodien. Au programme : perruques-pouf, LSD 26, satanisme, chihuahuas, amants cogneurs, vie desaxée, mort à la James Dean, cinq enfants orphelins et saut de l’ange dans l’underground.

Une oraison funèbre et morbid chic dans la droite ligne de Truman Capote et Kenneth Anger.

Ce que j’en pense :

Je dois avouer qu’avant la lecture de ce livre je n’avais jamais entendu parler de Jayne Mansfield. Et pourtant, elle fut une star aux Etats Unis. Son destin est exceptionnel, celle que l’on appelle Jayne Mansfield est une femme très intelligente et cultivée puisqu’elle parle 5 langues et a un QI de 163, elle a aussi une plastique très agréable. Elle deviendra un star du cinéma, avec au compteur une vingtaine de films qui malheureusement la présente presque tous en blonde écervelée. Elle aime les paillettes et accepte tous les contrats qu’on lui propose en tant que chanteuse, pin-up, ce qui fait d’elle la femme la plus photographiée du monde dans les années 1960.

08_113214188

C’est les derniers moments de cette femme hors du commun que nous livre Simon Liberati dans Jayne Mansfield 1967.  J’ai été déçue par ce roman. En effet, sous la plume de Simon Liberati, je n’ai pas du tout senti renaitre Jayne Mansfield comme le promettait le quatrième de couverture. Ce texte est une accumulation de faits, sans aucune humanisation, sans aucun sentiment. Cette succession d’évènements sans nous en apprendre plus sur l’artiste, nous décrit parfaitement le monde dans lequel elle vivra ces derniers mois, un monde dans lequel elle est has been, rejetée par la jet set et réduite à quelques représentations dans des bouis-bouis mal famés.

jayne-mansfield-jayne-mansfield-30524419-794-971

Sans contexte, la plume de l’auteur est agréable à lire et ce roman est très documenté mais j’ai trouvé cette abondance de noms et  de cérémonies / représentations que je ne situais pas du tout un peu fastidieuse. Assurément, il me manquait le point de vue de Jayne Mansfield, dans ce roman de presque 200 pages jamais n’est évoqué ce que ressent Jayne Mansfield en tant qu’artiste, en tant que femme.

J’ai également trouvé que les faits énoncés sa descente vers l’anonymat, son rapprochement du satanisme, ses cinq enfants omniprésents sont là mais il m’a manqué une liaison entre eux pour me permettre d’appréhender cette femme au bord du gouffre. C’est bien dommage car dans ce roman on ne ressent aucune empathie pour ce personnage et pourtant je suis certaine que j’aurai, dans d’autres circonstances, pu m’attacher à cette femme qui rêve de lumière et qui est prête à tous les excès pour profiter de la vie.

Jayne-Mansfield-Tribute-jayne-mansfield-28658723-417-463

J’ai lu ce livre dans le cadre des challenges :

# A vos nombres – Chez Piplo
# ABC 2014 – Chez Nanet

A vos nombres

banni_reABC2014_al_atoire