Heureux les heureux- Yasmina Reza

Yasmina-Reza-Heureux-les-heureux
   Titre  Heureux les heureux
    Auteur : Yasmina Reza
    Titre original : –
    Traducteur :  –
    Éditeur : Flammarion
    Date de publication : 2013
    Nombre de pages :  187
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Dans le 95, qui va de la place Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m’avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l’amour, ou n’importe lequel des noms qu’on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s’est penché et il a dit, tu me reconnais ? J’ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu’autrefois je n’arrivais jamais à lui répondre avec netteté. – Tu t’appelles toujours Hélène Barnèche ? – Oui. – Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? – Oui. J’aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n’étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d’une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m’avait aspirée. Je me suis passée en revue mentalement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s’est penché encore pour dire, tu es heureuse ? J’ai dit, oui, et j’ai pensé, quel culot. Il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo.

Ce que j’en pense :

Le livre Heureux les heureux de Yasmina Reza n’est ni un roman, ni une série de nouvelles. En effet, ces 21 petits textes n’ont ni début ni fin, ils sont un moment extrait d’une vie ou plutôt de 18 vies. Chaque chapitre donne la parole à un personnage, on en rencontre 18 différents qui soit sont de la même famille, soit sont amis, soit se croisent simplement.

Il faut avouer que 18 personnages différents auxquels Yasmina Reza ne consacrent pour certains que 2 ou 3 pages ça fait beaucoup, et que j’ai eu un peu de mal à tous les situer sans revenir en arrière. Mais cela, n’a en rien gâché mon plaisir dans cette lecture.

Yasmina Reza a parfaitement su croquer ses moments de vie et a réussi avec brio à décortiquer ces évènements ordinaires qui font le quotidien. Son regard est immanquablement caustique sur ces petits maux qui font notre société.

Les personnages que l’auteur nous présentent sont plutôt des « gagnants », ils sont tous plutôt aisés, ils ont tous une profession dite supérieure… on les imaginerait sans peine dans leurs cocons douillés, c’est pourtant leurs doutes, leurs fragilités, leurs perditions qui ressortent de ces fragments de vie autour des thèmes comme l’amour, l’amitié, la maladie, la reconnaissance de l’autre et de soi…

Un roman drôle, un regard acerbe, une imagination cruelle et débordante qui m’ont réjouie tout le long de cette lecture. Le passage sur les Hunter et leur fils Jacob, fan exagéré de Céline Dion, m’a particulièrement enchantée.

Un livre à lire rapidement…

 
J’ai lu ce livre dans le cadre des challenges :
# Le Challenge des 170 idées – Chez Herlan
# Le Challenge Haut en couleurs – Chez Addiction Littéraire

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Le chagrin et la grâce – Wally Lamb

893533471_L    Titre  : Le chagrin et la grâce
    Auteur : Wally Lamb
    Titre original : The hour I first believed
    Traducteur : Isabelle Caron (Anglais)
    Éditeur : Le livre de poche
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages :  786
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Quand, en avril 1999, l’épouse de Caelum, Maureen, échappe de justesse au massacre de Columbine, le couple se réfugie dans la ferme où il a été élevé, à Three Rivers, dans le Connecticut. C’est là que Caelum découvre des archives familiales : les lettres de son aïeule, militante abolitionniste ; les journaux de son arrière-grand-mère, fondatrice de la prison pour femmes du comté ; des coupures de presse sur ces années 1960 qui l’ont vu grandir aux côtés d’un père alcoolique traumatisé par la guerre de Corée… Pour tenter de comprendre la colère qui l’habite depuis toujours, Caelum va devoir explorer les recoins les plus obscurs de sa mémoire… Une plongée au cœur de l’histoire des Etats-Unis à travers l’épopée flamboyante d’une famille sur cinq générations.

Ce que j’en pense :

Caelum Quirk et sa troisième épouse Maureen travaillent tous deux au lycée Columbine dans le Colorado. Lui est professeur de littérature américaine, elle est infirmière scolaire. Ils n’auront jamais d’enfant.

Caelum part dans le Connecticut, au chevet de Lolly sa tante paternelle qui vient d’avoir une attaque. Elle se meurt, elle est le dernier membre vivant de sa famille.  C’est pendant cette période que Maureen assiste à la fusillade de Columbine qui fait 13 morts. Maureen est épargnée mais ne sortira pas indemne de cette catastrophe. Caelum apprend par la télévision la tragédie, il rentre de toute urgence et découvre en Maureen, une ombre d’elle même. Pour échapper à tout ça, ils décident donc conjointement de quitter le Colorado pour rejoindre leur Connecticut natal et d’habiter la ferme attenante à la prison pour femmes de Three Rivers dont ils viennent d’hériter. C’est alors que leur vie va d’une part sombrer davantage et d’autre part s’éclaircir car Caelum va découvrir qui il est vraiment.

C’est à travers la voix de Caelum que nous appréhendons ce récit. C’est un homme complètement dépassé, légèrement penché sur la bouteille. Par ses gènes, il est véritablement altruiste même si on a toujours l’impression que c’est contre sa volonté.

Maureen est une femme éteinte, sa vie est dictée par le syndrome du stress post traumatique même si on sent parfois une femme qui veut en sortir et qui se bat.

Ces deux personnages sont complexes et attachants et on est rapidement happé par leur combat pour une vie normale.

Autour d’eux une pléiade de personnages du présent qui vont aider Caelum et Maureen dans leur  lutte au quotidien et de personnages du passé qui complètent le personnage de Caelum. En effet, au cours du récit, l’histoire familiale lisse de Caelum va s’effriter et c’est ainsi que nous découvrirons sa famille faites d’ancêtres hauts en couleur jusqu’à son arriere-arrière-arrière-grand-mère.

Au travers de cette histoire de famille, c’est également l’histoire des Etats Unis que nous explorons. Wally Lamb nous fait voyager de la guerre de Sécession aux attentats du 11 septembre, rien ne nous est épargné.  J’ai particulièrement apprécié la quête d’identité de Caelum parallèlement à la fresque historique américaine.

Avec des mots simples, justes, d’une lecture très agréable, c’est une autre vision des Etats Unis que nous dévoile Wally Lamb. Il a un regard critique sur son pays

Je ne connais pas l’histoire américaine, ni les Etats Unis d’aujourd’hui, cependant je trouve que l’auteur concentre un peu trop les évènements autour de son personnage ce qui enlève un peu de réalisme à son récit.

J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge :

Tu verras – Nicolas Fargues

    fargues_tu_verrasTitre  : Tu verras
    Auteur : Nicolas Fargues
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Folio
    Date de publication : 2012
    Nombre de pages :  188
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Mon père me criait de remonter mon jean au-dessus de mes fesses, de cesser d’écouter des chansons vulgaires sur mon iPod, de rapprocher mes coudes à table et de ne pas faire la tête chaque fois qu’il voulait m’emmener au musée. Il ajoutait toujours : « Plus tard, tu comprendras que c’est pour ton bien que je te disais ça, tu verras.

Ce que j’en pense :

Dans Tu verras, sous la plume de Nicolas Fargues, ceux sont les mots de Colin que nous lisons. Il nous parle de son fils Clément à l’imparfait. Nous comprenons quelques pages plus tard, l’emploi de ce temps de la conjugaison… Clément  est mort accidentellement écrasé par le métro à l’âge de 12 ans.

Colin élève seul son fils depuis son divorce. C’est ce qu’on appelle un bobo parisien qui vit son quartier ouaté. La mort de son fils unique est évidemment une épreuve terrible. Il vit son deuil dans la culpabilité d’avoir étouffé son fils adolescent par ses paroles et ses comportements de père normal et classique. Quel parent ne se s’est jamais entendu dire à son enfant « Tiens toi correctement », « Mange proprement », « Tu ferais mieux de quitter un peu l’ordi », « … tu verras quand tu seras grand » ? Evidement, c’est mots sonnent différemment quand on sait que l’enfant en question ne sera jamais grand.

Ce livre pose également la question de la construction lorsque l’on pense avoir perdu toute raison de vivre.

Nicolas Fargues fait de Colin un homme pas toujours sympathique, il est parfois méprisant avec tous ceux qui sont différents de lui mais on ne peut que s’attacher à ce père endeuillé auquel en tant que parent on ne peut que s’identifier. Malgré le sujet très lourd abordé dans ce roman, les mots de Nicolas Fargues ne sont jamais oppressants et on se surprend même à avoir le sourire aux lèvres.  Cependant, ce roman est parfois décousu tout comme peut l’être l’état d’esprit de Colin après cette épreuve.

C’est au lecteur de choisir sa fin… Nicolas Fargues ne nous guide pas du tout sur le devenir de Colin et moi ca me gêne un peu.

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge 170 idées – Chez Herlan

Une fois deux – Iris Hanika

    896796675_L-1Titre  : Une fois deux
    Auteur : Iris Hanika
    Titre original : Treffen sich zwei
    Traducteur : Claire Buchbinder (Allemand)
    Éditeur : Livre de poche
    Date de publication : 2011
    Nombre de pages :  285
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :
 
Senta et Thomas, deux êtres que tout oppose, tombent l’un sur l’autre dans un café du quartier de Kreuzberg à Berlin. Coup de foudre, coup de fil : la rencontre est scellée en 127 secondes.

Mais, très vite, le doute, la peur s’installent. Les monologues intérieurs des protagonistes témoignent de leur résistance émue, surprise, face à cette histoire. De l’analyse scientifique du sanglot au fragment du discours informatique amoureux, un véritable arsenal stylistique est mis en oeuvre pour dynamiter leur relation, la disséquer avec un humour désopilant, le tout dans la canicule estivale de Berlin, croquée avec la précision d’une Berlinoise d’adoption.

Ce que j’en pense :
 

Une fois deux est l’histoire d’un coup de foudre… encore un livre qui conte une histoire d’amour me diriez-vous !!! Mais non, car ce coup de foudre est traité de façon tout à fait original.

Elle, c’est Senta, Lui, c’est Thomas, leurs regards se croisent un soir dans un bar puis la magie du coup de foudre opère… Elle est la femme idéale, Il est l’homme de ses rêves.

Senta  doit son prénom à une passion de ses parents pour Wagner. Elle est jolie, pleine d’humeur et vive d’esprit mais aussi pleurnicharde et accumulatrice de déceptions amoureuses.
Thomas a de magnifiques yeux verts accentué par un charmant strabisme mais il est ingénieur système donc forcément pas très marrant, et son corps présente des proportions disgracieuses.
Tous deux vivent à Berlin de part de d’autre de la coulée verte, vestige réhabilité du mur de la honte qui quelques années auparavant séparait encore les deux Allemagnes.  

C’est donc la naissance de la relation amoureuse entre ces deux êtres imparfaits que nous expose Iris Hanika. En effet, elle dissèque au microscope chacun de leur geste, chacune de leur pensée, chacun de leur doute, chacune de leur dérive. J’ai trouvé passionnant mais également un peu long et rébarbatif.

Le style et la forme du récit sont également originaux. Une fois deux est un roman dans lequel s’incruste des paroles de chansons, de la poésie, un pièce de théâtre dans laquelle la narratrice tient son propre rôle, une analyse de la pleurnicherie,  et même un guide du savoir-faire des quickies ou les bienfaits de l’urinothérapie… tout cela m’a semblé charmant et dépaysant. Cependant, elle y fait figuré également une description du poste d’ingénieur système tout juste tiré d’un catalogue RH, le discours d’un responsable d’entreprise vantant les mérites de son nouveau produit ou encore la description historique de telle ou telle place allemande et je dois dire que j’ai été un peu moins convaincue par ces simili diversions

En conclusion, un roman qui vaut la peine d’être découvert pour l’originalité du point de vue mais aussi pour ces trouvailles stylistiques mais qui pêche un peu par ses qualités.

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge 170 idées

La vie à côté- Mariapia Veladiano

  vie-a-cote-1400755-616x0    Titre  : La vie à coté
    Auteur : Mariapia Veladiano
    Titre original : La vita accanto
    Traducteur : Catherine Pierre-Bon (Italien)
    Éditeur : Stock (La cosmopolite)
    Date de publication : 2013
    Nombre de pages :  224
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans une magnifique maison au bord d’un fleuve, aux côtés d’un père, médecin trop absent, et d’une mère qui « a pris le deuil à sa naissance ». Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena qui la protège. C’est sans compter sur l’impétueuse tante Erminia, qui décide de l’initier au piano, et qui cache pourtant des sentiments moins nobles. Mais Rebecca est douée et va concentrer sa vie entière dans ses mains, parfaites. La rencontre avec la Signora De Lellis, musicienne réputée et détentrice d’un secret de famille, le confirme : une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté.

Avec la légèreté et la férocité d’une fable, La vie à côté brosse le portrait d’une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.

Ce que j’en pense :

Avec la vie à côté, Mariapia Veladiano vous emmène dans un monde où les apparences et les mauvaises langues font la loi. Nous suivons le récit d’une petite fille devenue adulte qui a la particularité d’être très laide, elle se qualifie même de monstre velu. Comble de l’ironie, elle se prénomme Rebecca, qui en hébreu veut dire « jeune et belle ». En effet, rien ne la destinait à ce physique ingrat car ses parents sont tous deux des archétypes de la beauté.

Rebecca vit dans un monde de silence, elle est isolée dans une jolie maison entre deux fleuves car on la cache du monde extérieur.  Elle partage sa vie avec les habitants de cette maison.

Tout d’abord, sa mère qui porte le deuil depuis sa naissance ; complètement muette et démissionnaire, seules 3 à 4 phrases par an sortent de sa bouche et ne sont adressées à personne.

Ensuite, son père, il est totalement absent que ce soit physiquement ou affectivement.

Il y a aussi sa tante Erminia sœur jumelle de son père, autoritaire et directive, c’est elle qui dirige la vie dans cette maison. Pianiste très connue en Italie, elle découvrira que Rebecca a des mains parfaites et un don pour la musique et l’initiera donc au piano.

Et enfin, Maddalena, sa gouvernante, femme délicate et sensible qui guidera ou pas Rebecca en la mettant devant les réalités de ce monde qui les entoure. Je n’ai pas compris cette manie de Maddalena d’avoir toujours la larme à l’œil.

Mariapia Veladiano fait de chacun de ses personnages, des êtres pleins de mystère, on ne sait pas grand chose sur eux que ce qu’il est indispensable pour comprendre l’histoire. Ca m’a beaucoup intrigué. Elle nous peint ainsi l’existence austère de Rebecca qui va trouver comme échappatoire à cet enfer tout d’abord le piano mais aussi Lucilla, une camarade d’école, vive et bavarde,  elle acceptera Rebecca sans souligner sa différence. Il y a aussi maitresse Albertina et la signora De Lellis, cette dernière la guidera vers son secret de famille.

L’écriture de Mariapia Veladiano est pudique, simple, elle fait de Rebecca une fille lucide et mature qui ne s’apitoie jamais sur son sort. On ressent rapidement cet univers pesant. La montée du suspens jusqu’à la révélation du secret est très bien faite, pendant une cinquantaine de pages, il est impossible d’abandonner la lecture mais quelle déception lors de cette découverte… la montagne qui accouche d’une souris. Je comprends cependant que pour Rebecca cette révélation influence sa perception de sa famille et même du monde. Mais je m’attendais vraiment à quelque chose de grandiose tellement l’approche de la découverte du secret est bien menée.

Un roman simple et difficile, un ton original, une écriture arachnéenne mis au service d’un thème peu fréquent dans la littérature celui du « non amour maternel », rien que pour ca ce roman mérite d’être découvert
 
J’ai lu ce livre dans le cadre de la Masse Critique, je remercie babelio et les éditions stock pour cette découverte.

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L’équilibre du monde – Rohinton Mistry

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    Titre  L’équilibre du monde
    Auteur : Rohinton Mistry
    Titre original : A fine balance
    Traducteur : Françoise Adelstain (Anglais)
    Éditeur : Le livre de poche
    Date de publication : 2001
    Nombre de pages  882

 
 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Voici le grand roman de l’Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré – traversé par le souffle d’un Hugo ou d’un Dickens. L’histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980. Dans le même quartier vivent des personnages venus d’horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs – des «intouchables» – ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d’autres encore… À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l’odyssée d’une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement.

Ce que j’en pense :                          images-12Ce roman est un coup de coeur. images-12

C’est un magnifique voyage en Inde que nous offre Rohinton Mistry.

Nous suivons les itinéraires croisés de quatre personnages. Dina est une jeune et jolie veuve indépendante. Par sa naissance dans une famille parsie, elle était vouée un avenir confortable. Elle se retrouve cependant dans un petit appartement en quête d’argent. C’est pourquoi, elle propose d’accueillir un hôte payant à qui elle offrira sa chambre et deux tailleurs qui travailleront chez elle et pour elle. Son hôte payant est  Maneck, un étudiant en réfrigération, il est le fils d’une de ses amies d’enfance. Maneck est également parsi, il  descend de sa montagne mais c’est un garçon ouvert. Les deux tailleurs sont Ishvar et Omprakash dit Om, ils sont oncle et neveu et sont issus de la caste des chamaars (caste parmi les plus basses). Ishvar est un homme raisonnable et travailleur, il est responsable de son neveu Om. Om est un jeune révolté. La réunion de ces quatre personnes d’univers et surtout d’origine différents est loin d’être évidente dans ce pays complexe, c’est pourtant cet équilibre délicat que nous propose ce roman.

Rohinton Mistry trace la vie de chacun de ses protagonistes allant parfois jusqu’aux deux générations précédentes ce qui nous permet de connaître parfaitement chacun d’eux et donc de mieux comprendre ce qui les guident. Il faut dire que la vie n’est pas toujours simple pour eux.  Les personnages sont ainsi bien construits, solides et même s’il est difficile pour nous « petits occidentaux » de s’identifier à eux, une affection certaine s’établit avec chacun des personnages. Ce n’est pas un récit que nous offre Rohinton Mistry mais une véritable incursion dans cette Inde des années 1970/80 en nous faisant découvrir la politique, l’histoire, la justice, l’alimentation et les paysages qui règnent dans ce pays.

Le lecture de ce roman est très intéressante et agréable, les phrases défilent rapidement tellement les événements se précipitent au fil des pages. Rohinton Mistry ne laisse au lecteur et à ses personnages aucun moment de répit pour notre plus grand plaisir. J’ai beaucoup aimé les références multiples au patchwork qui symbolise ici bien plus qu’un assemblage de morceau de tissu.

En lisant ce roman, vous découvrirez également les personnages secondaires comme Shankar le ver de terre, le maitre des mendiants, Rajaram le ramasseur de cheveux, Ashraf le tailleur musulman et bien d’autres qui eux aussi font la puissance de cette histoire.

N’hésitez pas, précipitez vous dans la lecture de ce roman et évadez vous pour l’Inde.

Livre lu dans le cadre des challenges :

A la découverte de l’Inde – Chez Darkness Turns Me On

Le Challenge des 170 idées – Chez Herlan

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Le sabotage amoureux – Amélie Nothomb

pic_1    Titre  : Le sabotage amoureux
    Auteur : Amélie Nothomb
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Livre de poche
    Date de publication : 2003
    Nombre de pages :  123
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième de couverture :

Saviez-vous qu’un pays communiste, c’est un pays où il y a des ventilateurs ? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin ? Qu’un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n’est qu’un épilogue ? Vous l’apprendrez et bien d’autres choses encore dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d’amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un coeur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d’un cheval qui est un vélo…

 

Ce que j’en pense :

Dans ce très court récit, Amélie Nothomb nous conte sa vie entre 1972 et 1975, période pendant laquelle son ambassadeur de papa est affecté en Chine.  Elle vit dans le ghetto – ghetto international pour ambassadeurs – de San Li Tun à Pékin où tout le monde s’ennuie passablement. Pour s’occuper les enfants décident donc d’entreprendre une guerre cruelle. Puis arrive Elena, petite italienne, incarnation de la beauté enfantine dont Amélie tombera follement amoureuse et qui la poussera à se saboter par amour.

Dans ce récit, tout est dans l‘exagération comme peuvent l’être les mots d’un enfant de 7 ans. Les enfants du ghetto ne se chamaillent pas, ils achèvent la seconde guerre mondiale car la fin a été bâclée. Quand Amélie est à cheval sur son vélo, elle dépasse le mur du son lorsque qu’elle achète des caramels ce sont les friandises les plus célestes du monde sublunaire, sans compter, la prétention, l’arrogance et la mégalomanie de la jeune Amélie -« la beauté du monde, c’était moi », « l’univers existe pour que j’existe »-.  Ces formulations enfantines mêlées à un vocabulaire riche, un style efficace (aucun mot n’est superflu) et des images amusantes font de ce récit un pur moment de bonheur.

Un roman plein de malice à découvrir sans modération.

Livre lu dans le cadre du challenge Amélie Nothomb – Le Challenge – Chez Chinouk

La reine des lectrices – Alan Bennett

alan-bennett-la-reine-des-lectrices    Titre  : La reine des lectrices
    Auteur : Alan Bennett
    Titre original : The Uncommon Reader
    Traducteur : Pierre Ménard (Anglais)
    Éditeur : Folio
    Date de publication : 2010
    Nombre de pages :  128
 
 
 
 
 
 
 
Mon histoire avec ce livre :

Ce livre m’a été offert par mon libraire. Je le remercie d’une part pour le cadeau et d’autre part car je n’aurai sans doute jamais lu ce livre sans ce cadeau.

Quatrième de couverture :

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture? Si, d’un coup, rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux?
C’est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, Jean Genet et bien d’autres défilent sous l’œil implacable d’Elizabeth, cependant que le monde so British de Buckingham Palace s’inquiète. Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l’implacable protocole de la maison Windsor.
Un succès mondial a récompensé cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

Ce que j’en pense :

Que se passerait-il si la reine d’Angleterre se découvrait une passion pour la lecture ? C’est l’idée saugrenue et originale développée dans ce court récit.

Aux premières pages de ce livre, j’ai été tout d’abord saisie par l’idée que je trouve fabuleuse.

Alan Bennett a une plume agréable et légère et il saupoudre son récit de petites perles caractéristiques de l’humour anglais. Il choisit comme personnage principal de son livre la reine d’Angleterre, il en fait une dame respectable qui maitrise chaque détail de son existence, passionnée, ouverte et humaine, il l’entoure d’une série de Sir, personnages rabat-joie et coincés. Si c’est l’image qu’elle dégage sur ces concitoyens, je comprends mieux l’attachement qu’ont les anglais pour la famille royale.

Cependant, je déplore que ce livre n’aille pas plus loin. On comprend que la lecture assidue a des conséquences sur les activités et responsabilités de la reine mais les seules choses qu’il met en avant sont quelques retards à ces rendez-vous, le fait qu’elle salue son peuple sans le voir car elle a les yeux rivés sur son livre et le fait qu’elle porte le même vêtement d’une semaine sur l’autre… j’aurai aimé en savoir davantage !

On ne peut qu’applaudir à cette fin dont je ne vous parlerai évidemment pas mais elle est très surprenante et j’adore être surprise.

J’ai malgré tout apprécié cette mise à l’honneur de la lecture et des livres. La lecture amène une ouverture d’esprit, permet au lecteur de s’ouvrir aux autres, rend le lecteur plus sensible à ce qui l’entoure et surtout le lecteur progresse dans sa lecture…  On ne peut sortir de ce livre sans se poser des questions sur nos propres rapports avec la lecture.