Les brasseurs de la ville – Evains Wenche

Les brasseurs de la ville

   

    Titre  : Les brasseurs de la ville
    Auteur : Evains Wenche
    Titre original : –
    Traducteur : –
    Éditeur : Philippe Rey
    Date de publication : 2016
    Date de la première publication : 2016
    Nombre de pages :  192

 
 
 
 
 

Quatrième de couverture :

Port-au-Prince. Une famille négocie sa survie au jour le jour : il est maître pelle sur un chantier ; elle est repasseuse chez les messieurs célibataires du quartier, n’hésitant pas à se donner à eux car sinon « la chaudière ne monterait pas le feu ». Cinq enfants. Leur fille aînée, Babette, adolescente, est leur seul espoir : elle a son brevet, et sa beauté leur offrira un gendre riche. Sa mère la rêve en Shakira.

Un certain M. Erickson se présente un jour, bien plus âgé qu’elle, généreux pour la famille qu’il installe dans une confortable maison. Mais qui est-il réellement, cet homme mystérieux aux trois maîtresses, vivant dans le luxe, entouré de gardes du corps ? Pourquoi métamorphose-t-il Babette en blonde au point que le quartier la nomme dorénavant la Barbie d’Erickson ?

Sa mère constate, désolée : « Ma fille n’est plus ma fille ». En « putanisant » Babette, ses parents semblent s’être engagés sur une voie aux multiples périls, dont ils pressentent avec effroi qu’elle est sans retour.

Dans Les brasseurs de la ville, épopée à travers les quartiers pauvres de Port-au-Prince, chaque personnage invente ses propres pas pour danser avec sa croix. Evains Wêche signe un talentueux premier roman qui met en lumière la lutte du peuple haïtien contre la déchéance et la mort, un peuple qui brasse la ville entre les bruits et les fureurs où s’entremêlent des histoires de courage, d’amour et de folie.

Ce que j’en pense :

Les brasseurs de la ville donne la parole à une famille du quartier du Carrefour. C’est un quartier très pauvres dans la ville dévastée de Port au Prince. Elle est vendeuse ambulante, lui travaille sur des chantiers. Ils se démènent corps et âmes pour élever leurs cinq enfants. Pour cette famille comme pour tant d’autres, tous les moyens sont bons pour remplir les ventres et souvent cela passe par la prostitution. L’existence de cette famille est très difficile jusqu’à ce que Babette, la fille ainée, se fasse courtiser par Monsieur Erickson, un riche homme américain. Monsieur Erickson va prendre Babette comme maitresse et entretenir la famille. Comment continuer à vivre quand on doit sa survivre « à la vente » de son propre enfant ?

Le roman de Evains Wenche est assurément très dur et très prenant.   Il nous montre une vie insupportable, une ville peuplée d’une population extrêmement démunie qui accepte l’inacceptable pour survivre. Il nous décrit des scènes difficilement imaginables qui paraissent à tous naturelles. Je pense notamment à la scène de l’hôpital pour ceux qui ont lu le livre, pour les autres je ne souhaite pas trop en dire.

On ne peut que ressentir que de l’empathie pour cet homme et cette femme partagés entre le culpabilité d’avoir sacrifier leur enfant et le soulagement de pouvoir enfin exister.

Evains Wenche donne voix au père et à la mère de cette famille. Chacun utilise le « je », leur récit s’entremêle sans réelle transition. J’ai été un peu déstabilisée par ce choix durant tout le premier chapitre pour finalement apprécier ce procédé par la suite. Il donne une sensation de fusion dans ce couple qui partage les galères et les pensées.

Port au Prince a été au coeur de l’actualité, il y a quelques années (suite au tremblement de terre) puis cette ville est retournée dans son anonymat. J’aurai aimé que ce roman me montre comment la population, comment la ville s’est reconstruite. Je ne sais pas si l’angle choisi par l’auteur est délibérément sombre (je l’espère), j’aurai vraiment aimé en savoir plus sur le sujet.

Les brasseurs de la ville est un roman percutant.

Livre lu dans le cadre des challenges :
# Les 68 premiers – L’insatiable Charlotte

Les 68 premières fois

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5 réflexions sur “Les brasseurs de la ville – Evains Wenche

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